Ouro Preto

Rio est derrière. Notre route devant. On part le cœur léger. L’esprit serein. Ce n’est qu’un au revoir. C’est certain. Heureux et apaisés par ce paradis qu’est Rio, nous sommes parés pour entamer un de ces transferts qu’on apprécie.

Dans l’ordre. Un taxi vers la rodoviária de Rio. On patiente. Quelques croquettes (joelho et pão de batata), un açaï na tigela et internet nous occupent. Vers 23h30, c’est l’heure. Celle du bus vers Ouro Preto. 7h de route. De nuit. Il est 6h30. Terminus. On descend. En un coucher de soleil, on a complètement changé de décor.

Place à plus de fraîcheur. D’humidité. Un ciel chargé. Un paysage vallonné et boisé. Et puis, ces églises. Joyaux de l’art baroque. Elles dominent la ville du haut de leurs socles. Parsemées à des étages différents, en fonction de leurs collines respectives, elles semblent se défier. C’est ça l’image d’Ouro Preto. Ville restée coincée au 19° siècle. Avec ses pavées, ses pentes raides, ses ruelles bordées de maisons blanches aux balcons travaillés.

Avant le 18° siècle, Ouro Preto n’était qu’un petit village, nommé Vila Rica, de l’état de Minas Gerais (mines généreuses). C’était avant la découverte d’une étrange pierre noire dans cet état du centre: de l’or. Dont la coloration noire était due à l’oxydation du sol. C’est le départ d’une incroyable ruée vers l’or, abreuvant le monde entier de centaines de tonnes du métal précieux. Atteignant 80% de la production mondiale entre 1700 et 1820. Ouro Preto connaît alors une ascension fulgurante, accueillant de nombreux notables, avant de tomber dans l’oubli quelques dizaines d’années plus tard. Héritage de cette période dorée, une collection d’art et d’architecture baroque unique. Fruit, notamment, du talent d’Aleijadinho, le petit estropié, architecte-sculpteur atteint de la lèpre.

La cité coloniale compte, aujourd’hui, près de 70.000 habitants et figure au patrimoine mondiale de l’humanité de l’UNESCO. Et c’est pour toutes ces raisons que nous sommes là. Voir de nos propres yeux ce trésor perdu au milieu des montagnes, témoigner de ce patrimoine oublié et profiter d’un rythme de vie plus calme.

A notre arrivée, 6h30, la ville s’éveille très lentement. Il fait calme. Tout semble évoluer au ralenti. La douce sensation d’être perdus au milieu des nulle part nous envahit. Loin de l’agitation du monde moderne. On se dirige vers le centre, au hasard des rencontres. Chargés comme des mulets (même si on s’est délestés d’une bonne partie de nos affaires à Rio), la marche est rude et le pas lent. Après quelques vaines tentatives, on se pose dans l’une des auberges de jeunesse de la ville. Pratiquement vide, on a le choix de la chambre, du matelas, de la position des lits et de la terrasse.

C’est dans cette ambiance détendue que nous prenons le temps de nous reposer. De profiter de la vue.  De s’enfiler quelques açaï, des salgados, des caïpirinhas et même une feijoada très correcte. Et bien entendu, on se fait une brochette d’églises baroques. Chacune avec sa spécificité, elles nous rappellent le passé colonial de Ouro Preto. Immanquable.

On se perd dans ce dédale de ruelles pentues. Les locaux s’y activent à une allure nonchalante. Avec un sourire permanent. Même si l’effusion est moindre qu’à Rio. Des gens plus contenus et moins extravagants. Conséquence d’un environnement différent, d’une vie plus rude. Aujourd’hui, les mines ne sont plus qu’un lointain souvenir et le tourisme, comme à Parati d’ailleurs, est devenu le nerf de la guerre.

Un court chapitre de notre aventure brésilienne. Mais un véritable dépaysement. Loin du stress des grandes villes, nous avons pu goûter à la vie lente et détendue d’un grand village de Minais Gerais. Une nouvelle facette de ce pays multiple. Qui mérite qu’on s’y attarde plus longuement. Vers Sabara ou encore Diamantina.

Quelques photos de ce paisible trésor.

Nels

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