Rio

Oh oh oh oh….
Quand tu souris
Je m’envole au paradis
Je vais à Rio de Janeiro
Je prends ta main
Et nos cœurs font plus de bruit
Que toutes les cymbales
Du carnaval
Je vais à Riooooooo!

Tututututu tututururu… 

Eh là, on se calme. Ça va être long. C’est R.I.O. Alors on accroche sa ceinture, on détache son slip et on enfile un tanga pour se mettre à l’aise.

Commençons par quelques notes d’ordre technique.

Seconde plus grande ville du pays. Derrière São Paulo. Plus de 11 millions d’habitants, les cariocas. Nom, issu du tupi (langue des Tupis, peuple amérindien autochtone des côtes du Brésil) et signifiant « maison des hommes blanc », donné aux personnes nées dans la ville. Pour ceux nés dans l’état de Rio, c’est fluminenses.

Puisqu’on surfe sur la vague étymologique, précisons que Rio de Janeiro (baptisée anciennement baie de Guanabara) se serait appelée, à l’origine, riA de janeiro.  Nom donné par le découvreur (de notre perspective occidentale) du Brésil, le portugais Pedro Alvares Cabral et qui signifie baie ou bras de mer de janvier.  Suite à une confusion linguistique, le nom se serait fixé sur rio de janeiro, rivière de janvier. Or, il s’agit bien d’une baie et non d’une rivière.

En deux mots, l’histoire récente de ce lieu repose sur un schéma classique. Des Amérindiens, vivant de la chasse et de l’agriculture dans une région très riche. De redoutables guerriers, nus et anthropophages. Des européens qui débarquent (vers 1502), les portugais. Du troc au départ, de l’esclavagisme ensuite, une pincée de conversion religieuse forcée, le métissage, les maladies importées et la disparition progressive ou la fuite vers des régions intérieures. Sans oublier le pillage des richesses. Le bois, le « brasa » ou « pau brasil », de sa couleur de braise. La culture de la canne à sucre, l’or, etc.

Vinrent plusieurs siècles de domination  portugaise, marquée par les attaques françaises et hollandaises ainsi que par l’essor de la ville au 18° siècle. Grâce à la découverte d’or et de diamants du côté de Minais Gerais. Les portugais délaissèrent progressivement Salvador da Bahia pour Rio.

De capitale coloniale, la ville de  Rio passa au statut unique de seule capitale européenne hors-continent. 1808. En effet, suite aux invasions napoléoniennes, la famille royale  portugaise et la plupart des nobles du pays fuirent Lisbonne pour s’installer au Brésil et déclarer Rio de Janeiro comme capitale du Royaume du Portugal. Cela dura jusqu’en 1821, date de la scission du Royaume et de la déclaration d’indépendance du Brésil. Indépendance de façade puisque le pays resta aux mains du prince régent Pedro I. Sous le règne de son fils, Pedro II, la ville de  Rio et le pays connurent une phase de forte industrialisation et de lutte contre l’esclavagisme.

A partir de la fin du 19°, le pays devint une république, aux mains d’une oligarchie de grands propriétaires.  Rio continua à être leur capitale. Et ce jusqu’en 1960 et le projet fou de la création de Brasília. Mais ça, c’est une autre histoire.

Et c’est seulement en 2011 que la ville accueille Angie et Nels. Pour 5 nuits endiablées.

Aujourd’hui, Rio c’est RIOOO. Le carnaval, le foot, ses plages et ses 968 favelas. On va le vivre avec nos propres tongs.

Mais commençons par des considérations plus négatives. La sécurité à Rio. Tout le monde nous a averti. On l’a lu partout. C’est une ville très dangereuse. Principalement, là où l’on ne s’y attend pas. Afin d’éviter tout désagrément, à seulement quelques semaines de notre retour, et après un tour du monde sans accros, nous avons mis au point une méthode préventive.

Baroudeurs, à vos carnets.

Le mains volantes. Cette technique ancestrale consiste à faire ce que bon vous semble, visiter ce que vous voulez, mais avec une attitude qui écarte tout risque d’agression! Comment? Pour appliquer le « mains volantes », vous avez besoin d’un vieux t-shirt uni (blanc de préférence et éventuellement tâché), d’un short que vous portez depuis quelques semaines sans le laver et des tongs usées par un an de voyage! Pour les sous-vêtements, vous avez carte blanche ou grise. Nous, on préfère le petit caleçon de 3 jours, afin d’augmenter le pouvoir répulsif de cette méthode d’auto-défense. Aucun accessoire n’est autorisé. Encore moins tout ce qui est sac, besace ou autres sacoches. Pas de bijoux ni appareils photos. Rien. Nada. Vous voilà totalement mains volantes, libres de vous promener sans aucun danger!

Mais il y a un revers à la médaille. Surtout dans une aussi belle ville que Rio. Impossible de faire des photos et donc de matérialiser les souvenirs! Pour parer à ce défaut, nous avons créé la méthode de la main bâtonnée!

Etape 1. Vous conservez la base du « mains volantes » à laquelle vous ajoutez un appareil photo compact bas de gamme: 99€ maximum. Vous le glissez, ainsi que quelques reais (la monnaie locale), dans votre slip. Au Chaud. Simple jusqu’ici.
Etape 2. L’élément primordial: le bâton de marche. Vous, ou votre partenaire, devez vous munir d’un ou deux bâtons de marche. Et vous vous baladez tranquille avec vos sticks. Ce n’est peut-être pas discret, mais efficacité garantie, car tout voleur qui se respecte, aussi brésilien soit-il, sait qu’on ne vole pas un touriste armé d’un bâton. D’autant plus s’il est portugais!

A Rio, on s’embourgeoise légèrement. Arrivés au terminal, on dit rapidement auf wiedersehen à nos copains allemands complètement flippés de passer quelques jours ici. On saute dans un taxi. Chargés comme on est, on se voit mal traverser les favelas en bus. Direction le quartier Gloria à côté de Santa Teresa, plus précisément, la maison de Carmen et Fernando. C’est dans cette superbe demeure que nous avons décidé de crécher. Un pied-à-terre splendide et soigneusement décoré. C’est magnifique et le rêve peut commencer. Une terrasse avec piscine sur les hauteurs avec vue sur la ville et la mer. Accueillis par Viviana, la femme de confiance du couple (absent pour le coup), nous sommes aux anges. C’est nettement plus cher que d’habitude. Mais, comme nous avons des choses à célébrer, c’est cadeau…

Première soirée à Santa Teresa. Quartier aux ruelles sinueuses et pentues, bordées de maisons bourgeoises du 18°. Son symbole, le bonde, ou plutôt le bondinho, un tramway électrique qui relie le haut de Santa au bas de la ville. Malheureusement, il est actuellement à l’arrêt. Partout des pancartes font part du mécontentement des habitants. Pour pallier à l’absence de ce monument du quartier, un ancien du coin à remis en service sa vieille camionnette et chope toutes les bonnes âmes en quête d’un lift, pour quelques reais. C’est folklo! Tout le monde se connaît, ça parle, ça crie, de balcon en balcon, ça s’arrête, ça repart, c’est l’ambiance… Il fait chaud!

Premier soir. Premier boum dans l’assiette. Feijoada. Aïe, aïe, aïe! On s’est attablés au Bar do Mineiro et c’est une tuerie. Haricots rouges, presque noirs. Choux verts, orange, riz, morceaux de viande de porc et de la farofa (farine de manioc frite dans du beurre). Il est tard. On a la panse pleine. On rentre dormir. A pied, dans un quartier sombre… Aucun souci.

Une première nuit à rêver de ce paradis. Rio, c’est beau. C’est même beaucoup plus que ça. On ne le dira jamais assez. La ville, ses plages, ses gens, son ambiance, sa lumière, son soleil, ses aberrations géologiques, sa mer, etc. Rio!

Ipanema. La soeur de Copacabana. Plus chic. Tout aussi fréquentée. Mais plus de sportifs que jamais. Aussi belle. Au loin, les collines des deux frères (dois irmãos). Poser un pied dans ce lieu, c’est des émotions indescriptibles. Chaque pas dans Rio représente une marque indélébile à l’intérieur de nos corps. Nos sens sont en éveil.

On poursuit dans le classe. Leblon, quartier bourgeois-hype. Magasins tendance et familles huppées. Pas loin de là, la lagoa. Cet incroyable lac à deux rues de la mer. Puis, la place du Général Osorio, la rue Visconde de Pirajá et ses magasins. On achève nos déambulations Chez Zaza. Resto tendance d’Ipanema. On se fait plaisir. Et c’est pas difficile, tant c’est délicieux. Il est tard. On a la bedaine pleine. On rentre dormir. En bus puis à pied. On croise un transsex, les fesses en silicone à l’air… Aucun souci.

Copacabana. Inutile de la présenter. On y arrive en métro, depuis Gloria. Une caïpirinha dans une main, une noix de coco dans l’autre, on se promène le long de ce tapis de sable. La plage, à elle seule, n’est pas plus spéciale qu’une autre. Mais voilà, elle n’est pas seule. Le Pão de Açucar à quelques encablures, la ville juste dans son dos et puis… Et puis, la vie. L’énergie. Les gens. Une alchimie particulière qui rend cet endroit spécial. Très spécial.

Populaire, on trouve de tout à la plage. Des familles, des gamins des favelas, des baraqués, des groupes de filles qui jouent au foot, des mamies, des vendeurs de bikinis, etc. Tous munis d’une petite chaise de plage. Ils parlent, ils crient, se lèvent, discutent, jouent, gesticulent, courent, nagent, écoutent de la musique. C’est la fête. Sans artifice, sans raison, sans prétexte. Juste de la vie.

Partout, des strings. Les petites, les grosses, les belles, les noirs, les blanches, les brunes, les blondes, les vieilles, les jeunes! Toutes.

Pour s’en remettre, on fait un peu de shopping dans les centres commerciaux modernes du coin. D’abord, le Rio Sul, à côté de la praia vermelha (plage rouge) et au pied du Pão de Açucar. Comme le ciel est nuageux, on abandonne l’idée de grimper ce dernier et on se dirige vers Botafogo et son shopping center familial. Mais le plus beau, ici, c’est la plage. La praia de Botafogo, au coucher du soleil, c’est divin.

On est épuisés par tant de beauté. Taxi. Aucun souci. On rentre se reposer dans notre cocon douillet, avec nos deux copines, Pitouchka et sa mère, Olivia, les chats de la casa.

Après un petit dej‘ copieux, on s’attaque aux incontournables. Via la rua da Lapa, on prend un bus pour Cosme Velho. Premier géant: o Cristo Redentor. Une fois n’est pas coutume, nous nous laissons convaincre par un rabatteur professionnel. Embarqués dans une navette remplie de touristes, nous faisons un premier stop au mirador Dona Marta. Puis, seconde navette vers le sommet du mont Corcovado, au coeur de la forêt de Tijuca. Au pied du Christ. 600.000 visiteurs par an. 38m de haut à plus de 700m. Imposant et unique. Bon, c’est plein à craqué. Mais c’est totalement incontournable. Pour la statue et pour la vue imprenable sur la ville.

Après une halte à Copacabana, au poste 2 (la plage est découpée en postes), où on enchaîne un poulet grillé+haricots+frites+riz+farofa pour 11 reais (4€). On se dirige ensuite vers le second monstre sacré: le Pão de Açucar, dans la baie de Guanabara.

Petit conseil: munissez-vous d’une carte de crédit pour gagner du temps dans les files. Après la file, le bondinho du Pain de Sucre. Ce téléphérique, inauguré en 1912, nous emmène jusqu’au morro da Urca (220m). Un autre téléphérique pour aller jusqu’à la cime du Pão de Açucar, à près de 400m. Au sommet, c’est extraordinaire.

Indescriptible. Rio, c’est juste la plus B.E.L.L.E. ville du monde. Sur elle se couche un soleil de braise. La nature éteint son éclairage et laisse la place à des millions de minuscules foyers de lumière. Ensemble, ils continuent à donner vie à l’insatiable Rio. Jamais fatiguée.

Pour s’en remettre, le lendemain est consacré à la plage et au sport. On est dimanche. On chope une fois de plus le métro à Gloria. C’est la folie. La foliiie dou Braziouuu! Des centaines de jeunes, de moins jeunes, de blancs, de blacks, de métis, de jaunes, de filles ou de garçons, ont pris d’assaut le métro. Direction: Copacabana. C’est là que nous allons aussi. Du poste 2 au 5. Une plage bondée. Ambiance chaude, bon-enfant, populaire, jeune, familiale. Un régal d’observer cette fourmilière vibrer.

Après le réconfort, le sport. Comme le Maracana, le stade le plus mythique du monde, est fermé pour travaux (la coupe du monde 2014 approche), c’est vers l’Engenhão que nous allons. Et pour y aller, il y a deux écoles.

L’école classique préconise un métro suivi d’un train. Mais, comme Angie est une experte, elle trouve que l’école dissidente, à savoir un seul métro, semble beaucoup plus simple. Voire même plus rapide. Nels, confiant, ne cherche même pas à comprendre. Confiance totale!

Ça semble être effectivement un bon plan. Semblait… Jusqu’à ce que des quartiers de plus en plus inhospitaliers commencent à défiler à travers les vitres du métro. Nos regards se croisent, nos muscles se crispent, nos sens se mettent en alerte. Après 1h de voyage, la station où nous devons descendre est là. A des bornes du centre de Rio. Dans un quartier pauvre, où on risque certainement de faire tâche et de ne pas passer inaperçus. On descend timidement. On reste sur le quai. Et on hésite. De loin, les ruelles des favelas nous paraissent peu accueillantes. Pas de risques inutiles. C’est pas qu’on a peur (Angie dit que si), mais on va faire demi-tour. Nels a repéré un centre commercial quelques arrêts plus tôt. Bon plan. On y va. On profite pour enfiler quelques salgados et on prend un taxi vers le stade. Bref, pour rejoindre l’Engenhão, préférez l’école classique.

Une fois au stade, l’ambiance est sympa. Plein de couleurs pour ce grand classique du fuchibol brésilien. Un derby de Rio. Le mythique Fla-Flu (Flamengo contre Fluminense). On a choisit d’être du côté de Fluminense. C’est pas un hasard, c’est là que joue Deco.

Dans les tribunes, c’est la folie. La fête. Banderoles, drapeaux, du talc à balancer, ballons, chants, cris, insultes, conseils, bière et rires. Le stade a beau être vide derrière les goals, à cause d’un concert de Justin Biberon, le rendez-vous est à la hauteur de nos espérances. Qui plus est, c’est un match à rebondissement. Score final: 3-2 pour Flamengo.

A la sortie du stade, on sent un peu de tension. Les supporters se mélangent et s’agglutinent autour de l’entrée de la station ferroviaire (oui, on a opté pour l’école classique). Une bagarre éclate. On se faufile discretos. C’est tendu, mais la police est en masse. Et la police brésilienne, c’est pas les Gendarmes à Saint-Trop’.

Une fois de plus, on rentre tard à la casa. Sans souci et sans craintes particulières. Aucun souci.

Notre dernière journée. La chaleur est montée d’un cran. Il fait chaaaud, de plus en plus chaaaud… On déjeune avec Viviana et ses amis. Et on s’en va découvrir le quartier de Santa Teresa. Principalement, à la recherche de l’escalier de Selaron. Lieu emblématique. 215 marches constituées de milliers de mosaïques. Oeuvre de l’artiste chilien, Jorge Selaron, en hommage au peuple brésilien. C’est étonnant.

Etape suivante, le jardin botanique. Moins beau que celui de Sidney (et pour cause, il était splendide), il est tout de même intéressant. Pour son caractère sauvage et apaisant, ses pernambouc (pau brasil ou bois-brésil), ses iguanes, ses toucans, ses palmiers et ses bambous, mais aussi pour son bar servant, sur une délicieuse terrasse, d’incroyables croquettes de viande. On va prendre des kilos, c’est certain…

Pour clore ce chapitre carioca, on fait un nouveau tour par le centre commercial Rio Sul. Un dernier açaï, qu’on ne peut que conseiller à nouveau. Tellement B.O.N.

On reprend nos sacs chez Carmen et Fernando. Ce n’est qu’un au revoir, puisqu’on y laisse une partie de nos affaires. Histoire de partir dans le nord avec un sac plus léger.

Un taxi vers la rodoviaria. On passe devant le sambodrome. Cette avenue bordée de gradins où défilent les meilleurs écoles de samba pendant le carnaval. Mais on n’est pas dans un sambamood. Le coeur lourd de quitter cet endroit merveilleux.

Rio de Janeiro est la plus belle ville du monde. C’est totalement subjectif et inexplicable. Mais c’est vrai.

Mais comme dit le Grand Jojo: « Ze show must go on…une fois! Olé olé olééé ».

Plus bas, les photos de notre appareil photo compact bas de gamme: 99€ maximum

Nels

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Une réflexion sur “Rio

  1. Je comprends mieux pourquoi vous étiez les bajoues gonflées à votre retour ! Qu'est-ce que vous avez mangé ! Je transmets ce merveilleux reportage à SN Brussel Airlines : ils aimeraient trouver des guides passionnés de RiA de Janeiro pour ouvrir une nouvelle ligne… « Mains volantes » est une technique que j'apprécie…hihihi ! Bonne fin de voyage et merci de nous tenir au courant

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