Cross the border : Salto / Concordia

Quitter Cabo Polonio! Pas une mince affaire. Psychologiquement, surtout. Mais c’est la trame de notre voyage. Notre fil rouge. D’étape en étape, en « sacrifiant » des lieux magiques et des personnes attachantes. Qu’on rêve, qu’on espère revoir. Au moins, encore une fois. Plus longtemps.

Techniquement, il y a un intérêt à raconter notre départ de Cabo Polonio, car nous ne faisons pas que quitter ce paradis perdu. Nous projetons de rejoindre la triple frontière: Argentine, Paraguay et Brésil. Plus précisément, les célèbres chutes d’Iguazu. Et ça, c’est pas une mince affaire. Voici un petit explicatif.

D’abord, dire au revoir au Cabo Polonio. Rechausser les sacs. Sauter dans le camion-4×4 pour un peu moins de 3€. Traverser la plage, les dunes et atterrir sur le bord de la route. Attendre le bus de la compagnie Rutas del Sol, réservé la veille par téléphone.

C’est parti pour 4h de bus, accompagnés d’un temps maussade et d’une nostalgie coriace. Un confort limité à un siège inclinable et des toilettes, pour la modique somme de 6€ par personne.

Nous arrivons à Montevideo sous les coups de 20h. Le soleil s’est couché, mais on ne l’a même pas remarqué, tant le ciel était couvert. La gare des bus est plutôt correcte. Quelques énergumènes, comme dans toutes les gares, mais rien de particulièrement méchant.

On chope des tickets de bus pour la ville de Salto, encore en Uruguay. L’objectif est de prendre le bus partant le plus tard, histoire de ne pas arriver en pleine nuit. Après un pim-pam-poum concluant, nous choisissons – au hasard, donc – la compagnie Agencia Central. Départ à minuit trente. Classe économique (pas de couchettes, donc). Coût de l’opération: 42€ pour nous deux.Dans l’intervalle, un McDo et un moment PC dans la salle d’attente de la gare. Au fil des heures, deux slogans se sont ancrés dans nos esprits fatigués: « Sièges en PVC, assurance d’un fessier musclé » et« Prises au mur, batterie qui dure ».

Une nuit. Un bus. 6h. Arrivée à  Salto, frais comme des gardons, sur les coups de 7h. A peine le temps de passer par les toilettes, qu’on est déjà postés devant le comptoir des tickets, qu’on lâche 6€. Et qu’on reprend un autre bus. Il est 8h. On enchaîne. Ce bus parcourt une distance assez courte, mas nous permet de traverser la frontière entre l’Uruguay et l’Argentine.

Quelques formalités douanières. Un tamponnage de passeport et un visitage de sacs à dos. On remonte dans le bus. On échange quelques mots avec une charmante dame. 30 minutes plus loin, nous sommes de retour en Argentine. Plus précisément, à Concordia. Dire qu’on note des différences significatives, tant au niveau culturel qu’humain, serait un gros mensonge.

Il est 9h30. Concordia est une ville… Une ville. Pas très grande. Pas très charmante. Pas très accueillante. Une petite ville d’arrière-pays. On s’active dans la gare à la recherche des comptoirs des compagnies de bus. Une nouvelle fois, il faudra choisir. Seule la destination est connue: la ville argentine de Puerto Iguazu.

Après de complexes calculs et analyses, nous optons pour la compagnie Via Bariloche. En bus-cama. La classe intermédiaire qui offre des lits très inclinables, avec support pour les pieds. C’est pas qu’on s’embourgeoise, mais le départ n’est qu’à 20h. Il durera 12h et il faut qu’on dorme un peu. Un minimum. Ça nous coûte plus de 55€ par personne. Mais précisons qu’en classe éco, ce n’était pas beaucoup moins cher.

Il est 10h. On démarre à 20h, donc. C’est-à-dire dans 10h. Faut s’occuper.

Débarrassés de nos sacs (restés dans les casiers de la gare), on fait une agréable promenade dans la ville de Concordia. A la recherche d’un lieu confortable, fournissant le wifi et quelques bonnes choses à manger. Après quelques coups dans l’eau, on jette notre dévolu sur une… pompe à essence. De luxe. On est conscient que ça en choquera plus d’un (Yan en tête de liste), mais on y a passé 8 merveilleuses heures.

Croissants chauds et croustillants, cafés voluptueux, hamburgers raffinés (ou pas), boissons rafraîchissantes à souhait. Des fauteuils moelleux, un service efficace et neutre, un réseau wifi fluide, une lumière chaleureuse, de beaux clients, un sol propre, des toilettes avenantes et on en passe. Waaah! Un tableau parfait pour bosser sur le blog, préparer le Brésil et même mater un match de Porto. Le pied.

Cet instant de bonheur touche à sa fin. On retrouve le terminal. On reprend nos sacs. Et on patiente. C’est qu’il a du retard notre cher (au sens propre) bus Via Bariloche. Une fois arrivé, on s’y installe. Mais pas parfaitement. En effet, le bus a déjà un long trajet derrière lui. Odeurs et personnages défiants nous attendent à bord. Malgré tout, et après un léger accrochage avec le steward, nous avalons un repas correct et nous plongeons dans un demi-sommeil. Légèrement méfiants, on ne dort que d’un œil.

Au réveil, un petit déjeuner réparateur nous est proposé. On le déguste tout en découvrant le décor qui s’illumine lentement. Les plaines uruguayennes semblent bien loin. Un panorama sub-tropical s’offre à nous. Forêt luxuriante, sol rougeâtre et poussiéreux. Des faux airs d’Afrique.

Après 12h de bus, et après avoir failli descendre un arrêt trop tôt, nous descendons à Puerto Iguazu, toujours en Argentine. Une chaleur moite et humide nous accueille.

Ça fait maintenant deux jours que nous sommes en route et que nous avons quitté Cabo Polonio. Les traits tirés, le corps fatigué, nous abordons une nouvelle grande étape de notre voyage…

Nels
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6 réflexions sur “Cross the border : Salto / Concordia

  1. La suite ! Laaa suite ! Vivement les photos d'Iguazuuuu ! N'empêche que vous nous faites languir intelligemment : entre le paradis Cabo Polonio et les chutes…avec l'attente, l'embourgeoisement, la monotonie, le danger diffus du voyage intermédiaire… Tu as remis le compteur à zéro, Nels ? Vous avez eu 15 fois plus de visiteurs, non ? Il chute ? Hihi

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  2. Vous avez laissé tomber ce blog ?
    Moi qui me faisais un plaisir de découvrir vos aventures et vos photos du Brésil 😦
    En tout cas, félicitation pour votre travail, ce blog est une petite pépite !
    J'espère vite retrouver de nouveaux articles !

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