Cross the border: Cristo Redentor

Après le départ de Yan, nous passons encore une nuit à Mendoza, dans le but de partir le lendemain pour Valparaiso, via Santiago du Chili. En bus, bien sur. Cela semble simple et efficace.

8h30. Nous sommes au terminal de bus de Mendoza. Nos tickets en main. Notre compagnie bus se nomme Andesmar.

9h. Le terminal, aile ouest, est bondé. Aucun bus à l’horizon. Un murmure de plus en plus fort commence à se faire entendre dans ce couloir rempli. Nous tentons, tant bien que mal, de nous renseigner. La nouvelle tombe comme un couperet. Le paso Internacional Los Libertadores, aussi connu sous le nom de Cristo Redentor, est fermé pour cause de neige. Pour rappel, ce passage, reliant l’Argentine au Chili, est l’un des plus empruntés. Il se situe sur la route des Andes. Route que nous avions pris pour aller snowboarder. Et dire que nous étions si près de la frontière…

Les consignes sont simples. Aucun bus ne sortira du terminal. Il faut revenir le lendemain. Nous nous résignons et rentrons à l’HS. Par chance, il y a encore des chambres de libre. Nous occupons notre journée par un peu de shopping au centre commercial de la ville.

8h30. Le lendemain. Après avoir fait une nouvelle fois nos sacs, pris un énième taxi (pas cher du tout au pays de Maradona), nous sommes au terminal. Pas la peine de préciser que celui-ci est encore plus full que la veille.

9h. La nouvelle tombe une nouvelle fois violemment. Le paso est encore fermé. Les conditions météo sont exécrables. Ils nous proposent d’attendre jusque 10h.

10h. Le paso n’ouvre pas. Aucun bus de ligne ne partira de Mendoza. Le terminal se vide petit à petit de ses mines déconfites. Nous hésitons. Restons immobiles devant la nouvelle. On n’est pas spécialement pressés. Mais nous sommes déjà le 28 août. Le 31, nous devons nous envoler depuis Santiago vers l’Île de Pâques. Et compte tenu des prévisions météo, on peut légitimement commencer à s’inquiéter.

10h18. Toujours sur place, nous digérons le fait de ne pas pouvoir nous rendre à Valparaiso, comme prévu. En tous cas, pas avant notre vol pour l’Île de Pâques. Notre nouvel objectif se résume donc à rallier Santiago. Et ce, avant le 31, 6h du mat’. Par n’importe quel moyen.

10h31. Le terminal est quasi vide. Il a, en tous cas, repris une vie normale. Faite de va-et-vient. Nous sommes assis sur un banc. Avec nos amis résistants. En effet, un groupe de résistance s’est organisé. Nos intentions sont simples. Etant donné que le paso peut ouvrir à n’importe quelle heure de la journée (c’est la police qui décide), il existe toujours l’espoir de quitter Mendoza avec un mini-van privé. Pour cela deux conditions. Un, le paso doit ouvrir avant 15h, pour que nous ayons le temps d’arriver à la frontière avant sa fermeture. Deux, avoir un groupe conséquent (10 personnes minimum), pour convaincre ($$$) le chauffeur du van à partir.

Nous voilà embarqués dans une attente de 5h. Avec notre équipe. Une espèce d’Agence Tous Risques, composée d’une maman et de sa fille. Des argentines. D’un jeune anglophone, nommé Templeton Peck. De trois brésiliennes hystériques, les Triple A. D’un brésilien, sosie non-officiel de Romario, qui sera Hannibal Smith. D’une jeune israélienne et d’un palestinien, aka Tawnia Baker. Et bien sûr, nous, Mister T. & Futée. Il y aussi un élément postérieur, un japonais. Baptisé, naturellement, Looping.

Installés sur des bancs de fortune, avalant quelques media lunas (des croissants miniature et hyper-sucrés), nous patientons dans l’espoir que notre plan se déroule sans accroc. On profite aussi de l’attente pour skyper avec la familia.

15h. Malgré nos espoirs conjoints, le paso n’ouvre pas. Nous rentrons, une nouvelle fois, au HS. Cette auberge est devenue un second domicile. D’ailleurs, après avoir testé une chambre triple et une double, Joana nous offre la suite de la maison.

Que faire? C’est LA question! Attendre le lendemain? Voire encore une journée supplémentaire. Au risque d’arriver au 31, sans avoir pu traverser la cordillère! Louer une mobylette et tenter un passage en force de la douane, à la Steve McQueen dans La Grande Evasion? S’attaquer à la cordillère à pied, en évitant la frontière? Contourner ce point de passage par le nord ou le sud, en escaladant un col?

Aucune de ces solutions ne nous semble faisable. Nous trouvons, après d’âpres recherches, un vol pas trop cher pour Santiago. Mieux, c’est encore moins cher d’acheter un aller-retour. Bingo! Nous passons cette journée au HS avec l’esprit bien plus tranquille. Quelques milanesas, des empanadas et une bonne parillada libre (en buffet à volonté), le soir.

Ce n’est que le 30 que nous nous envolons pour Santiago. Evidemment, c’est plus cher en avion, mais quel spectacle! Nous survolons la cordillère des Andes. C’est G.R.A.N.D.I.O.S.E.! Sublimissime. Nous sommes poussière face à l’immensité, la force de ces paysages. Des pics enneigés à perte de vue. Petit bonus, nous passons à côté de l’Aconcagua. Nous avons tout le loisir de l’observer. Magnifique!

Un vol d’une cinquantaine de minutes. Nous sommes de retour au Chili. A Santiago du Chili. Juste le temps de passer à l’hôtel, prendre une douche et faire un p’tit tour en ville. Santiago, nous y reviendrons.

C’est l’heure: on s’envole vers le mystère. Rapa-Nui“Allez! Roule Barracuda…”

Nels

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Une réflexion sur “Cross the border: Cristo Redentor

  1. Voilà maintenant les jours commencent à se décompter … Moin d'un mois que vous allez rentrer 🙂 .. Mais profiter un maximum , à fond de ces derniers moments de découvertes et à vous 2 pendant ce magnifique TDM

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