…à Mendoza

Cafayate est derrière nous. Les ruines de Quilmes, devant.

Ce sont les vestiges de la principale cité des indiens Quilmes. Construite, vers l’an 1000, de façon à tirer avantage de la configuration naturel des lieux. Elle est une véritable forteresse. A flanc de colline et en forme d’amphithéâtre. Les Quilmes y ont résisté aux espagnols pendant près de 130 ans. Avant d’être vaincus et déportés pour construire la ville de Buenos Aires. D’où la petite ville de Quilmes, au sud de la capitale argentine, où est, d’ailleurs, implantée la brasserie produisant la bière du même nom, sous la bannière du géant InBev. Charmant, tout ça.

La visite des ruines terminée, nous partons pour plusieurs heures de route et de piste. De nombreux kilomètres en direction du sud. Via la ruta 40. La nuit tombée, nous poursuivons notre route le plus loin possible. Jusqu’au drame.

Nels est au volant. Le soleil s’est couché depuis belle lurette. Angie roupille à l’arrière. Une route déserte. Yan se vide une bouteille de vin mixe quelques morceaux électro. Soudain, les phares de la solide Chevrolet mettent en lumière un obstacle sur la route. Celui-ci se met à bouger. A courir. C’est un animal. Apeuré. Effrayé. Comme ensorcelé par la lumière, il ne parvient pas à quitter la trajectoire de notre bolide. Les coups de klaxon n’y changeront rien. Le choc est devenu inévitable. A cette vitesse, l’éviter nous serait fatal…

…PAAAF!

…kiuuu…gnaaac gnac…ka…iii…

Un silence. La scène n’aura duré que quelques secondes. Des heures pour nous, et surtout, pour lui. Ce renard de Patagonie. Paix à son âme. Nous n’oublierons jamais sa mort atroce. Nous le remémorerons sous le doux nom de el raton-laveur.

Encore sous le choc, nous prenons nos quartiers dans la ville suivante. D’autant plus qu’il est déjà tard. Le bled se nomme Chilecito. Inconnu au bataillon. Un hôtel, des pizzas, la finale de la coupe du monde de moins de 20 ans et au dodo!

Un bon petit-dej’ et nous reprenons notre chemin. Une superbe piste nous conduit au parc national de Talampaya. Un témoignage géologique de l’ère du Trias. Soyons honnêtes, ce qu’il y a à voir dans le parc est grandiose. Formations rocheuses étranges (auxquelles on a donné des noms, parfois un peu ridicules), des traces archéologiques (pétroglyphes) rappelant la présence passée des indiens. Par contre, énorme bémol concernant l’organisation dans le parc. Interdiction de visiter les lieux par ses propres moyens. Dès lors, que ce soit à vélo, en van ou à pied, on est toujours en groupe organisé. Payant, évidement! Si on ajoute à cela, la sensation d’être dans un parc d’attraction, on est loin du dépaysement et de la communion avec la nature.

Bon gré, mal gré, nous partons en tour (après quelques heures d’attente! Il y a foule). Notre groupe devient rapidement notre principale centre d’intérêt. Que des champions du monde. Et il faut l’avouer, on est d’humeur taquine. Rire, sans se moquer! Ça commence par la guide, fashion avec sa petite veste blanche moulant son p’tit bide. En passant par les petits couples de retraités très comiques. Et en terminant par le vieux garçon de 35 ans, venu avec ses parents. Il prend des photos à la volée avec son portable. Jusque que là, rien d’anormal. Mais il a l’air tellement gauche, qu’il finit par paumer ses lunettes en pleine nature. Toute le groupe part alors en quête de ses verres… Vous l’aurez compris, la visite prend vite une coloration très amusante! Au-delà de ça, les lieux sont superbes. Mais difficile d’en profiter réellement, en faisant quatre pauvres haltes au endroits stratégiques: nous arrêter ici, vous faire photo, nous partir dans le mini-van!

La journée se termine à San Augustin de Valle Fértil. Point stratégique pour ceux qui passent deux jours dans le coin. Le premier consacré à Talampaya. Le second, à son voisin, le parc national de Ischigualasto (aussi connu sous le nom de vallée de la lune, encore une!). C’est notre cas. On l’avait programmé ainsi.  Mais nos plans tournent au vinaigre avec les deux bouteilles de vin accompagnant notre chivito (du cabri). Angie et Nels s’effondrent dans leurs lits superposés, tandis qu’Yan entame une nuit de folie avec les gens du coin.

Le lendemain matin. Maux de crânes et fatigue viennent freiner toute envie de visiter le second parc. Il faut dire que l’expérience Talampaya nous avait déjà bien refroidis.

On reprend, donc, notre périple vers le sud. Via le chemin des écoliers. On longe le rio San Juan sur plusieurs kilomètres. Avant d’atteindre Calingasta, la perdue. Nous poursuivons avec Uspallata en point de mire. La route qui y mène est compliquée. Une piste de près de 100km, très rocailleuse. Mais (encore une fois) splendide! La cordillère en arrière-plan. Des vues imprenables sur celle-ci. Un décor désolé. C’est beau le désert, prononcera l’un d’entre nous, bien à propos!

Uspallata, nous y voilà. Notre avant-dernière étape. Mendoza n’est plus qu’à quelques bornes. On se croirait dans une station de ski dans les Alpes. Et pour cause, la ville est au pied de grandioses montagnes enneigées. Sauf qu’ici, les fondues sont remplacées par les parilladas. La ville est également la dernière étape argentine avant la frontière chilienne. On décide de s’y poser deux nuits. Dans un hôtel plus chic qu’à l’accoutumée. Il y a même une piscine intérieure. Ainsi que des photos de Brad Pitt. Ce dernier a logé ici lors du tournage de 7 ans au Tibet. La claaasse!

Après un énième bon repas, suivi d’une excellente nuit, nous démarrons une journée tranquille. Au programme, snowboard pour Yan à la station de ski Los Penitentes. Pour Angie et Nels, petit chocolat chaud à la buvette, et légère ballade (en voiture) le long de l’illustre route des Andes, menant à la frontière. Les récentes fortes neiges rendent impossible les visites du Cristo Redentor, de la Puente del Inca ou encore du cimetière des andinistes. Même la vue sur le plus haut sommet de la cordillère des Andes (et plus haut sommet du monde, hors Asie), l’Aconcagua, culminant à 6.962m, est voilée.

Nous revenons rechercher un Yan pleinement satisfait. ‘Y a de quoi: snowboarder dans les Andes, c’est pas donné à tout le monde.

Retour à Uspallata pour la nuit. Un petit car-wash bien mérité pour notre Chevrolet Classic. On se demande encore comment elle a tenu le coup. Tous ces kilomètres de piste rocailleuse, parsemée de cailloux assassins qui nous donnaient des sueurs froides, lorsqu’ils retentissaient violemment sous la voiture. Sans parler des bruits étranges, de plus en plus audibles. Et sans oublier el raton-laveur.

Notre road trip touche à sa fin. Mendoza est à nous.

Nous rendons la voiture (non sans quelques craintes) et logeons à l’hôtel suites (HS) de Mendoza. Une auberge de jeunesse de style… auberge de jeunesse. Mais extrêmement accueillante. Un personnel aimable et charmant (aaah, la petite Joana à l’accueil!). Nous reprenons lentement, mais surement un rythme citadin.

En effet, Mendoza est la quatrième ville d’Argentine. Un terrible tremblement de terre, en 1861, a détruit la plupart des vestiges de l’époque coloniale. La ville est donc plutôt moderne, avec de grandes artères perpendiculaires et aérées. De nombreux parc, où les argentins aiment se promener, manger une glace ou occuper les bancs publics. Comme partout, de nombreux jeunes. Beaucoup de vie, aussi. On est déjà loin de l’ambiance indienne du nord, mais ce n’est pas désagréable pour autant. Mendoza est également la ville du vin. Peuplée de vignes et de bodegas, la région produit une grande partie des vins argentins.

Notre objectif? Se relaxer, après un road trip éprouvant. Bien manger. Visiter des bodegas locales. Et tout ça, en profitant des derniers jours à 3.

La première target est atteinte. On passe plusieurs heures à “ne pas faire grand chose” à l’hôtel. Surfer, regarder du foot, faire une sieste, passer de la chambre au salon, aller chercher un verre d’eau et le boire installer dans un fauteuil. A c’est beau la routine!

La seconde, également. Un bon subway pour se rappeler aux bons souvenirs des States. Un succulent repas préparé par Yan. Des petits poissons séchés et du saucisson, en entrée. En plat, un poulet tika masala (Yan étant, comme tout le monde sait, pakistanais) de génie! Pour noyer tout ça, les vins achetés chez El Esteco à Cafayate.

Enfin, pour notre dernier soir à 3, nous nous offrons l’une des plus belles adresses du coin. Le Anne Bistro. Un vrai régal. Des ceviche, en entrée. De la viande, en plat. Notamment, une succulente hampe de bœuf. Pour arroser cette dernière soirée avec Yan, des apéros, du blanc, du rouge et même, un vin de vendanges tardives. Pour terminer, le serveur brésilien nous fait visiter la cave de la maison et nous donne quelques conseils pour la visite des bodegas.

Après ce festin, nous nous dirigeons vers le quartier branché de la ville. Autour de la calle Aristide Villanueava. Effectivement, de nombreux bars rendent le coin très animé. On choisit un bar avec un concert live. Un groupe de rock, dont le batteur/chanteur, originaire de Buenos Aires, est un mélange de Slash et de Yvon Moulichaux (un garagiste près de chez nous). Il devient très vite notre idole. Et c’est au son de sa voix rauque – en riant, mais sans se moquer – que nous descendons quelques bières.

Nous y sommes. Au troisième jour, la visite des bodegas. La première, à Luan de Cuyo, et très à l’écart, se nomme Catena Zapata. Le domaine est magnifique. Une pyramide de style maya trône au milieu des vignes. La visite est plus que sommaire. C’est un peu l’usine. Vite fait, bien fait. Sa grande taille et sa réputation y sont probablement pour quelque chose. Nous sommes déception.

Nous décidons, alors, de nous rendre dans une bodega plus petite. A taille humaine. Familiale, même. Récupérée par un couple de français, il y a quelques années. Elle se trouve dans l’autre grand pôle des vignobles de la région, Maipu. Son nom: Carinae. Nous avons droit à une excellente visite, orchestrée par Nicolas. Un français, venu étudier les vins argentins. La dégustation vient couronner notre parcours sur la route des vins. Nous testons tous les vins produits par la bodega. L’ensemble accompagné par un saucisson royal.

On rentre, tant bien que mal, à l’auberge. Un dernier match de foot. Un ultime macaroni-jambon concocté par Angie. Yan fait son sac. Un taxi vers le terminal. On quitte ainsi notre dernier visiteur, après 20 jours passés ensemble. Merci Yannito de la Bodega!

Les dernières photos de notre road trip (merci à l’iPhone et à Yan pour son talent de photographe) se passent plus bas.

Nels

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

Un commentaire sur “…à Mendoza

  1. Mmmmmmmm c'est quoi ce bon pti plat en photo là au milieu? :))) Une belle concurrence aux boulettes sauce tomates du Novo.
    Ai l'intention de partir au Pérou début 2013. J'attends avec impatience vos petits conseils.
    D'ici là, Enjoy your road
    Bisousss à vous
    Isa

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.