De Salta…

Un superbe trajet en bus, à travers la Cordillère de Andes, nous mène à notre première étape argentine. Salta.

Salta. Dénommée la linda, la belle. La plus grande ville du nord-ouest argentin n’a pas usurpé son surnom. Malgré sa taille, elle est agréable et invite à déambuler dans ses rues, pleines de vie. De nombreuses traces de son passé prospère (du 18° au 19°s.) sont encore visibles. La sublime plaza 9 de Julio avec ses maisons coloniales et ses palmiers, la cathédrale, l’église et le couvent San Francisco (l’une des plus belles églises que nous avons eu la chance de voir), ses balcons, ses petits patios, ses parcs fleuris.

Salta, c’est aussi un excellent point de départ pour visiter les parages. Un coin où la nature semble encore avoir son mot à dire, et où les peuples indigènes ont encore un peu de place pour parler le quechua, prier la Pachamama et vivre selon leur mode de vie.

Après avoir trouvé un hôtel pas trop cher (le Salta Por Siempre) et déposé nos kilos de linge sale à la laverie, nous effectuons nos premiers pas en ville. Direction la place centrale. Sur le chemin, nous retrouvons Bruno. Quelques pas plus loin, nous voici attablés au restaurant La Posta. Une grande salle à l‘ambiance familiale et locale. Nous réalisons notre entrée sur la scène gastronomique argentine: un rouge et une viande. Le cabrito asado (de la chèvre au barbec’) d’Angie est appétissant, les bife de chorizo (du steak de bœuf) sont tendres, généreux et succulents.

Le climax de la soirée pour les locaux? L’arrivée dans l’établissement de la méga star Carmen Barbieeeriii! Les murmures se font de plus en plus intenses et les premiers fans se précipitent pour un autographe. Carmen est une chanteuse, actrice et meneuse de revue célébrissime. L’équivalent de nos Annie Cordy et autres Line Renaud. En plus siliconée et vulgaire.
Après ce succulent repas, nous prenons un bière locale sur l’une des nombreuses terrasses de la place. L’atmosphère est agréable, le cadre charmant, le temps doux et les habitants très aimables et ouverts. Quelques sourires et regards échangés avec le couple voisin auront suffit pour qu’ils nous offrent, à tous les 4, un petit souvenir salteño. Méfiants, on a du se rendre à l’évidence que c’était vraiment un cadeau. Sympa!

Notre séjour à Salta se déroule sur un rythme très relaxant. On voudrait bien se bouger un peu plus et, notamment, faire le tour des agences de location de voitures, mais Salta est devenue une ville fantôme. En effet, nous somme la veille des élections de dimanche. Et même si personne ne doute de la victoire de Cristina, la ville est désertée. Pire, interdiction de boire de l’alcool, du samedi soir 20h au lundi matin à 8h. Pour couronner le tout, il pleut.

Nous nous sacrifions, donc, et passons nos journées dans notre suite triple. L’objectif? Planifier la suite du voyage, mettre à jour le blog, faire des siestes, iPhoner, suivre les exploits du Portugal à la coupe du Monde des moins de 20 ans. Bref, vivre une vie de tous les jours…

De temps en temps, nous mettons le nez dehors. Pour avaler quelques empanadas, accompagnés d’une salta, la bière locale. Pour tester les fameuses parilladas à base de chinchullin (les intestins), de vacuno (du bœuf), de pollo (du poulet), de riñones (des rogons), de morcilla (du boudin noir), etc. C’est copieux et vraiment pas cher. On arrose tout ça de vins locaux. Evidemment!

Nous passons également une soirée dans une peña. A savoir, un établissement où l’on mange au rythme de musique live locale. Nous essayons la plus célèbre du quartier, la Vieja Estacion. Un spectacle à ne pas rater. Outre ce qui se passe sur scène, l’ambiance est très chaleureuse dans la salle. C’est vraiment l’occasion de se remplir la panse dans un cadre agréable. C’est ce qu’à fait Yan avec son steak de lama.

Lundi. Notre dernier réveil à Salta. Nous nous précipitons dans le centre pour dégoter une voiture. En effet, on a décidé de parcourir la région au volant d’une magnifique Chevrolet Classic. On part vers le nord avant de redescendre jusque Mendoza. Un sacré programme…

…en voiture Simone!

Yan est au volant avec ses superbes gants en cuir. Angie à l’arrière, armée de ses 73 cartes et descriptifs de la région. Nels, à la place du mort (mais ça va, JC n’est pas au volant), maniant l’iPod tel Jackie Chan, dans l’une de ses cascades.

Cap sur le nord.

Nous empruntons la route 9, via Jujuy, en direction du petit village de Tilcara. Nous faisons notre entrée dans la Quebrada de Humahuaca. Littéralement, la vallée de Humahuaca, elle désigne cette région montagneuse du nord-est argentin. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, tant pour sa beauté naturel sur des centaines de kilomètres, que pour sa richesse historico-culturelle, vielle de 10.000 ans.

Tilcara, “l’étoile filante” en quechua est un charmant village, au cœur du massif montagneux. La petite bourgade a su conservé son authenticité. On y retrouve (comme partout dans la région) une ambiance légèrement bolivienne. Ses maisons en adobe, ses indiens au visage fermé et marqué, ses costumes traditionnels, ses boutiques d’art indigène.
On fait une petite promenade, un peu de shopping régional, la visite de la Gorge du Diable locale (pas exceptionnelle), un choripan  (excellent sandwich au chorizo) et un lomito (sandwich au steak). Notre soirée sur place, nous la passons dans une peña, animée par un groupe d’enfants d’un orphelinat local, où ils reçoivent une formation musicale. Instruments indigènes et chants en quechua.

Etape suivante. Le minuscule village de Purmamarca. Le village-star du coin. Des maisons construites en bois de cactus, un cimetière aux tombes colorées, l’église Santa Rosa de Lima, un algarrobo negro (un caroubier, arbre fruitier) millénaire, et puis, le cerro de los siete colores (la montagne aux sept couleurs). Une curiosité géologique. Très étrange. Une montagne colorée. Du rouge au vert, en passant par le jaune et le violet. Ces éléments font du petit bourg un lieu très visité, loin de la signification de son nom en inca, “lieu de la terre vierge”.

Avant de reprendre la route, nous passons par la vallée des peintres. Une vallée dont les formations rocheuses ressemblent à d’immenses palettes de peintre, aux couleurs surprenantes. Quelques kilomètres plus loin, on traverse le tropique du Capricorne. Nous sommes un point sur la carte du monde…

Ruta 9, direction Humahuaca. Le trajet nous offre des paysages toujours aussi splendides. Humahuaca est un village plus grand que les précédents, mais pas moins intéressant pour autant. En particulier ses rues pavées, sa place principale et cette volée de marches menant au monument de l’Indépendance, surplombant la petite ville.

La nuit tombe, c’est l’heure de (bien) manger. A nouveau. Ce soir, au menu, quelques empanadas en entrée, accompagnés d’une quilmes. En plat, c’est Angie qui décroche la timbale, avec un appétissant locro criollo. A savoir un ragout à base de viande de veau, de courge, de maïs et de haricots (une sorte de cassoulet). Ce festin est arrosé de vin et de musique live. Mémorable.

Au troisième jour de notre road trip, nous abordons notre étape la plus au nord. Mais aussi la plus périlleuse. Iruya. Une piste de 50km pour atteindre ce village, présenté comme un joyau. On n’hésite pas une seconde. On se lance à l’assaut de la piste rocailleuse. Tout ce qu’on peut dire, c’est que la Chevrolet Classic, c’est du costaud!
Après une première partie de piste, où nous traversons rivières, évitons gros cailloux, croisons vigognes et condors, nous parvenons au sommet d’un col de 4.000m d’altitude. Il nous offre une vue imprenable sur la suite du parcours. Des gorges, des montagnes colorées, des falaises! L’ensemble serpenté par une petite piste sablonneuse. A l’attaque.

Sur la route, nous prenons en stop Miriam et sa petite nièce. Miriam est enseignante dans une école-internat perdue dans la montagne. Elle alterne une semaine de congé chez elle (à Salta) et 3 semaines de cours dans cette école du bout du monde. Nous les emmenons à bon port et prenons rendez-vous pour le lendemain. Pour visiter l’école.

Quelques kilomètres plus avant, et après avoir évité deux ânes et trois mules, nous apercevons Iruya et sa petite église, accrochées à une falaise. Insolite. On est au bout du monde (oui, encore!). Ce trajet éprouvant nous mène… à table! Des empanadas et des bières pour profiter du soleil, de la vue splendide et des condors. Nous sommes rejoints par un couple de français, rencontrés à Humahuaca. Ils ont abandonné leur voiture et sont venus en bus, tranquillou! Ce qui leur laissent à peine 2 heures sur place, trop un truc de ouf!

En ce qui nous concerne, on y passera la nuit. C’est, donc, avec tranquillité que nous nous aventurons dans les ruelles abruptes du village. Avant de rejoindre l’autre rive pour effectuer une promenade dans la nature. Beau, mais fatigant! Ce qui a pour conséquence de… nous ouvrir l’appétit. Au programme: du cabrito pour tout le monde. En prime, Nels se mate du foot, Angie bouquine et Yan devient champion régional de la Tour Infernale (ce jeu d’adresse où il faut empiler des morceaux de bois) contre une suisse et une suédoise. Qui sait ce qui se serait passé, si seulement, il les avait laissées gagner. Quel idiot!

Quatrième jour. Nous entamons notre lente descente vers le sud. Un premier arrêt (pas loin de Iruya) nous mène à la petite école de Miriam. Elle nous fait une visite hyper enthousiaste. Nous rencontrons le directeur, faisons quelques photos, jetons un œil aux dortoirs et salles de classe. Les enfants se demandent ce que font là ces trois blanc-becs. Les explications de Miriam sont très intéressantes et nous savourons ce moment trop court!

En piste pour poursuivre la journée de route, via Abra Pampa. Ville fantôme uyuniesque. Nous empruntons successivement la pista 11 à travers le désert, la ruta 52 à proximité des Salinas Grandes et la pista 40, le long du salar. Sur le chemin, nous coupon à travers des plaines arides et désertiques hors du commun, traversons des villages complètement isolés, mettons à rude épreuve notre Chevrolet, prenons un infirmier en stop, croisons des vigognes espiègles, des lamas timides, des condors charmeurs. Bref, c’est incroyablement beau, sauvage et animé!

Le point final de cette journée ressemble plus à un point d’interrogation. En effet, la nuit tombe. Nous ne savons pas si nous aurons le temps d’atteindre le seul village à des kilomètres à la ronde (pour rappel, nous sommes sur une piste au milieu du désert), San Antonio de los Cobres. En outre, nous ne savons pas si cette bourgade offre un seul logement. Le genre d’inconnue que nous avons appris à savourer. Mi-stressante, mi-excitante, mi-figue, mi-raisin… Mi-taine!

Épuisés, nous atteignons San Antonio de los Cobres à la dernière lueur du jour. Mieux. Nous trouvons un hôtel parfait. Chambre triple pas chère, eau chaude et restaurant annexe. Une bonne douche plus tard, quelques couches de polars sur le dos (il fait un froid sibérien) et nous sommes à la table de ce charmant restaurant. “Trois menus et deux bouteilles de rouge, señor!” Et, au lit!

C’est au réveil que nous constatons que nous sommes en Sibérie. Ou presque. Cette ville ne figure pas dans les guides. Et pour cause, il n’y a rien à y faire. Rien de significatif à voir. En réalité, il y a beaucoup plus beau que tout ça. Ce sentiment, tout simple, qu’on ressent dans ce type d’endroits. Réaliser qu’on se trouve dans un lieu paumé. Intact. Entourés par la nature, encore indomptée. Sentir, simultanément, sur son visage, un vent polaire et un soleil ardent. Admirer ses gens aux visages creusés par la rudesse de leurs vies. Observer ses rues poussiéreuses désertes. Brrr, des frissons!

La police locale (digne de l’émission Strip-Tease) nous informe que la route menant au village-star de Cachi est fermée à cause de la neige. L’option de secours consiste à prendre la route menant à El Carril. Bingo.

On n’a certainement pas perdu au change. Une route en lacets, dans des paysages époustouflants. Cerise sur le bateau gâteau, nous allons longer pendant quelques kilomètres le célèbre parcours du Tren a las Nubens (littéralement, le “train dans les nuages”), au cœur de la Quebrada del Toro. Cette ligne de chemin de fer, construite en 1921, encore utilisée à des fins touristiques, effleure les nuages et défie les montagnes. Ponts surélevés, viaducs et tunnels offrent un spectacle étonnant, pour le grand plaisir de nos deux photographes en herbe. Yan & Nels se livrent un combat de tous les instants, à base de floutés, d’effets artistiques et d’angles inspirés. Et c’est Nels qui a gagné, vu que c’est lui (moi, donc) qui écrit ce texte!

Le show n’est pas fini. Après la voie ferrée, la nature reprend ses droits. Pour nous épater, encore et encore! En effet, nous débutons l’illustre Quebrada de la Conchas et ses monuments naturels, aux noms évocateurs. La Garganta del Diablo, l’Amphithéâtre, le Castelo (le « Château »), le Sapo (le “Crapaud”). Autant de sculptures façonnées par l’eau et le vent.

Une dernière portion, style Death Valley US, et nous atteignons notre étape-repos. La paisible Cafayate. Petite ville au style colonial, située à 1.600m d’altitude, entourée de vignobles, et réputée pour ses vins, issus des plus hauts vignobles du monde! On y passe une petite soirée agréable. Quelques souvenirs pour Yan et ensuite: une bonne table dans une peña. Parillada et vin (un Don David malbec de chez El Esteco), pour ne pas changer. Et de la musique live, très prenante. Interprétée par un indien, représentant des peuples du coin, chantant la douleur vécue par son peuple, le sang des siens déversé sur ces plaines, la fierté de sa culture, l’amour et le respect entre les peuples qui devraient se trouver au-dessus de l’argent et du profit. Magnifique! La petite larmichette n’était pas loin.

Le lendemain, nous commençons la journée par notre première visite de bodega. Nous choisissons la bodega El Esteco. Réputée dans le coin. Yan est au top de sa forme pour cette visite. Il s’est mis sur son 31: smoking, santiags, écharpe blanche. Il s’est même rasé la moustache, mis du déo. Bref, il est dans son élément. La visite de la bodega, des cuves et les explications sont intéressantes pour des néophytes comme Angie et Nels. Un peu légères pour Yan. Mais agréable tout de même pour nous 3. A la fin, nous dégustons quelques vins, dont un Torrontés, le cépage blanc phare d’Argentine. Pour conclure, des petits achats, ça peut toujours servir sur la route.

Avant de quitter la délicieuse Cafayate, nous rendons une petite visite au tout nouveau musée du vin. Excellent. Moderne, interactif, intéressant, beau. Bref, très bien conçu. On y vénère, évidemment, les vins de la région, ses vertus et caractéristiques.

Un dernier crochet par la casa de las empanadas, où on trouve des empanadas à toute les sauces, et nous nous envolons pour la suite du road trip!

…à suivre!

Les photos, l’œuvre conjointe de Angie, Nels, Yan & l’iPhone, sont en-dessous.

Nels

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