30 ans à La Paz

On y est. La Paz. Nuestra Señora de La Paz. Non, ce n’est pas la capitale de la Bolivie. En réalité, les boliviens la considère comme la capitale administrative: elle accueille les pouvoirs législatifs et exécutifs du pays. C’est Sucre qui est la capitale constitutionnelle.

Nous arrivons par la banlieue (en réalité, c’est une ville à part entière) de El Alto (littéralement « le haut »). C’est la fête. Cortèges, costumes traditionnels et musique célèbrent – de façon anticipée, car nous ne sommes que le 15 – le cri d’indépendance du 16 juillet 1809.

Si cette banlieue s’appelle le haut. C’est qu’il y a un bas. Et ce bas, c’est la ville de La Paz! Ahurissant. L’arrivée dans cette ville est très marquante. Nous sommes perchés à plus de 4.000m. Du haut de ces plateaux, nous avons une vue imprenable sur ces centaines de milliers de maisons, construites les unes sur les autres. La ville a été bâtie dans, ce qu’on appelle communément, une cuvette. La Paz est le cœur de cette cuvette. Entourée de parois et de montagnes, sur lesquelles des quartiers sont venus se greffer. L’image d’un stade de foot correspond bien à la vision que nous avons. La ville a pris possession de la pelouse et des gradins. Une densité impressionnante. C’est impressionnant.

La ville est la capitale économique la plus haute du monde. Autour, s’élèvent les hauts sommets du Huayna Potosí (6.088m) et de l’Illimani (6.460m). Contrairement aux autres villes du monde, à La Paz, ce sont les plus démunis qui sont logés sur les hauteurs. Alors que les quartiers plus aisés sont situés dans la zone sud, plus basse. 1.000m de dénivelé les séparent. Le froid et le vent qui frappent violement les zones les plus élevées sont à l’origine de cette situation.

Et nous, au cœur de cette fourmilière hors du commun?

On est le 15 juillet. Nels a 30 ans. Oui, vous avez bien lu! 30 ans. Ca parait fou, mais c’est vrai. On a tous du mal à le croire. Avec son regard candide, ses petites joues rouges, sa barbe timide, son air jovial, sa bonne humeur permanente, son humour guilleret, sa perspicacité ingénue, son petites fesses rebondies, son corps à faire pâlir les petits jeunes de 20 ans. Seuls son immense savoir, sa sagesse à toute épreuve et sa modestie sans égal peuvent faire transparaitre les années qui passent. Bravo et merci pour lui!

Evidemment, ça se fête. Direction le plus réputé des restaurants de La Paz: La Comédie. Cuisine française et service impeccable. Quelques cocktails. Du bon vin. Au menu, carpaccio de canard et du saumon en entrée, et un somptueux gigot d’agneau pour continuer. Aaah, ça fait plaisir…
Il nous faudra plus d’une nuit pour récupérer.

Contrairement à ce que disent beaucoup de personnes, La Paz est une ville avec un potentiel très intéressant. Nous logeons du côté de la Plaza Murillo. Un quartier colonial charmant. Mais au-delà de ces beaux quartiers, de ces jolies églises, de ces ruelles étroites, de son animation, La Paz impressionne vraiment par sa situation. Une fois au cœur de la cité, on aperçoit les sommets enneigés, on ressent très fort les dénivelés, on observe en permanence le côté opposé de la cuvette. Dingue!

Fou également, en termes de traffic. De la pollution. De la vie qui l’anime. C’est une ville oppressante et dangereuse dans certains quartiers. Nous l’avons ressenti pour la première fois en Amérique du Sud. Mais on s’y sent bien, malgré tout.

Au niveau de la population, et un peu comme au Pérou, nous retrouvons deux parties bien distinctes. D’un côté, une petite bourgeoisie, morphologiquement européenne (descendant des espagnols). De l’autre, les indigènes, au teint plus foncé et aux traits indiens. Bien entendu, la société bolivienne est plus complexe que cela. Il y a les très riches, vivant dans les quartiers du sud. Puis, les indigènes qui, même en ville, vivent de façon encore très traditionnelle (les plus vieilles générations). Et enfin, un métissage inévitable.

A La Paz, on retrouve aussi une jeunesse omniprésente. Animant les rues, en bande ou en couple, souvent en uniforme, ils fréquentent beaucoup les parcs et les places de la ville. Et comme au Pérou, il y a énormément d’amoureux. Des amoureux à l’ancienne. Qui se courtisent et qui se bécotent sur les bancs publics……bancs publics… En se foutant pas mal du regard oblique. Des passants honnêtes. Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics, bancs publics, bancs publics. En se disant des « je t’aime » pathétiques. Ont des petites gueule bien sympathiques.

En ce qui nous concerne, nous n’avons rien fait de très spécial. Si ce n’est des balades bien agréables et des restos. Une deuxième fois à La Comédie, un argentin pour un lechón (un morceau de gras et de peau de porc, grillé) un peu écœurant et un cubain pour se rappeler aux bons souvenirs de la ropa vieja (plat typique cubain, succulent). Pour l’instant, nous n’avons pas réussi à découvrir les qualités de la cuisine bolivienne. Au contraire, celle-ci nous apparait extrêmement pauvre par rapport à l’excellente cuisine péruvienne. Les produits sont plus basiques. Les plats très peu élaborés. Puis, on retrouve des polleria (restos à poulet) à tous les coins de rue.

Notre présence, ici, coïncide avec la Copa América. On ne vous apprend rien en vous disant que le foot passionne les foules. Même si la Bolivie a déjà connu des heures plus glorieuses (notamment au début des nineties). Toutefois, ils se réjouissent en assistant à l’élimination de l’Argentine et du Brésil. Et nous aussi!

Notre rythme décontracté nous permet, entre autres, de skyper et de poursuivre la mise à jour du blog. On planifie aussi la suite des évènements et, énormément, d’activités s’offrent à nous: la route de la mort à vélo (au nord de La Paz), la ville de Rurrenabaque et la partie amazonienne du pays (au nord), un trek dans la cordillère royale avec en apothéose l’ascension du Huayna Potosí (toujours au nord) ou encore le parc national Sajama (vers le sud).

Après moult hésitations, nous zappons la route de la mort. Trop touristique, trop « par une agence ». Nous laissons également tomber l’Amazonie bolivienne par manque de temps. Ne faire que Rurre’ nous semble frustrant et trop cher pour le temps que nous avons à consacrer à la région. A contre cœur, nous abandonnons l’idée du trek de 15 jours dans la cordillère royale. Les conditions sont trop rudes, l’absence de refuges rend l’utilisation d’une tente indispensable (or, nous n’y connaissons pas grand chose) et, en plus, l’ascension du Huayna Potosí est trop technique à cette époque de l’année. Nous ne sommes pas prêts. Nous sommes trop inexpérimentés. Ce sera pour une autre fois…

Notre choix se porte donc sur le parc national Sajama . A la découverte d’une région peu visitée et difficile d’accès! A suivre…

Les photos de La Paz..

Nels

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3 réflexions sur “30 ans à La Paz

  1. Bon ben, désolé, ça fait un peu con de se pointer avec tellement de retard mais le coeur y est quand même : FELIZ ANIVERSARIO Nelson !!!

    On se boira un godet au Flat à ton retour pour fêter ça… 😉

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  2. « Ca parait fou, mais c’est vrai. On a tous du mal à le croire. Avec son regard candide, ses petites joues rouges, sa barbe timide, son air jovial, sa bonne humeur permanente, son humour guilleret, sa perspicacité ingénue, son petites fesses rebondies, etc, etc… »
    Estou totalmente de acordo com isto mas ó Nelson isto fostes tu, se bem que muito humildemente, quem escreveu isto. Mas bem escrito!
    Näo fizeram muito? entäo e os « bancs publics »???
    😀
    Beijinhos nossos c/saudades
    Silvia

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  3. Hey frerot, même si je n'avais jamais remarqué ta perspicacité naïve tu me manques toujours fort frerot , gros bisous et bien venu au groupe des trentenaires, tu vas voir à partir de maintenant ce que c'est de devoir rentrer ton bide en permanence pour pouvoir mettre des chemises cintrées et des petits t-shirts moulants pour faire jeuns. Mais c clair t'y es pas encore ;-). Joyeux anniversaire gamin!

    Wils

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