Islas & Oasis

…dans le bus Cruz del Sur. De Lima à Paracas.

Arrivés de bonne heure à Paracas, nous attaquons une journée bien chargée. A peine descendus du bus, nous avons 4 tickets en main pour les Islas Ballestas.

Les Islas Ballestas sont un archipel d’îles péruviennes, au large de la ville de Pisco dont le port de pêche est… Paracas. Suivi?

La baie de Paracas est historiquement célèbre pour deux raisons. Tout d’abord, la région a été le berceau de la civilisation pré-inca de Paracas qui a existé entre 800 ACN et 200 PCN. Ils pratiquaient le tissage (laine et coton) et la poterie. Ils sont également connus pour les déformations crâniennes (allongement) réalisées dans un but esthétique, ainsi que pour la trépanation rituelle. Il s’agit d’une opération du crâne qui consistait à réaliser un trou circulaire dans celui-ci afin d’y ôter une partie du cerveau pour la remplacer par de l’or. Et ils ne mourraient pas – semble-t-il – suite à la chirurgie. Par contre, nous n’avons pas d’infos sur la qualité de leur vie avec de l’or dans le crâne. Après l’an 200, la civilisation de Paracas s’est fondue dans celle de Nazca.

La seconde distinction de la baie se situe au 19°, lorsque cette région fut la porte d’entrée des expéditions maritimes indépendantistes du début de ce siècle. En effet, en août 1820, le général argentin José de San Martin (véritable héros, à l’instar de Bolivar) débarque dans la baie de Paracas avec plus de 4.000 hommes pour libérer le Pérou des griffes espagnoles. C’est chose faite lorsqu’il pénètre à Lima et déclare le pays libre, le 28 juillet 1821. Et ce, après avoir libéré l’Argentine (les provinces unies du Rio de la Plata) et le Chili. Et avant d’aider Bolivar à libérer d’autres pays d’Amérique latine. Cet endroit possède, donc, une haute valeur historique pour les péruviens.

Revenons à notre modeste aventure. Nous voilà embarqués sur un petit bateau en direction des îles.

Première étape, le célèbre candélabre, le chandelier de Paracas, tracé dans le sable, d’une longueur d’environ 180m, pour une largeur de 70m et une profondeur de 50 cm. Un géoglyphe du même type que les lignes de Nazca, qu’on n’a jamais pu dater. Notre guide (de très bonne facture) nous détaille les différentes explications concernant l’origine de cette œuvre mystérieuse.

Les voici, en vrac:

1. On a souvent rapproché le candélabre de la civilisation de Nazca et des illustres lignes. Toutefois, sachant que Pierre rempli la baignoire de René au tiers de la moitié que le géoglyphe perd x centimètres par an, à cause de l’érosion. Il est impossible qu’il date de l’époque des Nazca.

2. La seconde hypothèse veut que le symbole ait été tracé par des pirates, comme un repère de navigation, ainsi que pour signaler leur force.

3. Troisième hypothèse. La plus vraisemblable. Il s’agirait d’un amer (point de repère fixe utilisé pour la navigation maritime) creusé par les éclaireurs des troupes du général José de San Martin. Et ce, pour signaler un lieu de rassemblement parfait avant le débarquement. Le symbole choisi serait un symbole franc-maçon, puisque le général, lui-même, l’était. De plus, les mouvements indépendantistes sud-américains étaient sponsorisés par des loges maçonniques européennes (notamment anglaises).

4. Enfin, celle que nous considérons la plus rationnelle et plausible. C’est un signal routier. Permettant aux extraterrestres de ralentir, avant de se poser sur les lignes de Nazca, 100km plus loin.

On vous laisse seuls juges.

Passons à des choses plus certaines. Les îles et leurs habitants. Des otaries, des éléphants de mer, des manchots de Humboldt, des cormorans de Bougainville, des sternes inca, des pélicans, des fous variés, etc. Soit environ 60 espèces d’oiseaux, 180 espèces de poissons et 10 variétés de dauphins.

Tous ces oiseaux (notamment les cormorans et les pélicans) y déversent des tonnes de guano, à savoir les excréments des oiseaux marins. Durant des siècles, des tonnes de guano vont s’accumuler sur l’archipel. Au 19°, le Pérou se décide à exploiter cette aubaine. En effet, l’extraction et la transformation de cette matière, peu reluisante, en engrais devient une manne financière importante pour le pays. Devenant le plus grand exportateur mondial au cours du 19° et permettant à des fortunes colossales, construites à base d’excréments, de voir le jour (comme par exemple, celle du français Auguste Dreyfus). C’est, d’ailleurs, l’argent issu de cette activité qui a permis au Pérou de se doter d’un système ferroviaire conséquent.

Le tour en bateau est vraiment agréable. Nous passons entre les rochers, approchons les animaux. Les infos du guide sont pas mal non plus. Outre les animaux, les seuls habitants de ces îles sont les ouvriers chargés de collecter le guano. Impossible, donc, d’y mettre un pied. Cela ne gâche en rien la visite.

Le vent se lève. Il est l’heure de rentrer au port de Paracas.

Après une négociation privilégiée avec le boss de l’agence touristique, nous obtenons un transfert très bon marché jusque Huacachina, via la ville de Pisco. Cette dernière, que nous traversons uniquement, porte encore les séquelles du terrible tremblement de terre qui a frappé la région en août 2007. C’est dans ce coin qu’est produite la boisson nationale: le pisco (du nom de la ville), une eau de vie à base de raisin. Nous l’avons goûté sous forme d’apéro, le pisco sour. Correct.

Voici, notre deuxième étape de la journée: l’oasis de Huacachina. Niché au milieu d’un désert de sable, aux dunes impressionnantes, l’oasis est l’attraction touristique du coin. Nous prenons place dans un petit resto et dégustons un succulent lomo saltado sur une jolie terrasse ensoleillée. Le pied.

Une petite promenade digestive autour de l’oasis nous permet de constater que ce lieu est le repère de bon nombre de touristes baba-cool, voire bobo-cool. Voire même marginaux. Pieds nus, dreadlocks, pantalons bariolés, des quilles dans une main, un cerceau dans l’autre, ils crachent du feu comme nous enquillons les papas. Ils semblent errer à la recherche du paradis perdu, fuyant, certainement, les tréfonds d’une société capitalisto-consumériste abjecte. Aaah, jongler, ça c’est la liberté vraie.

Revenons à l’essentiel. L’oasis. Etonnant et agréable. Même s’il n’a pas grand d’authentique.

Quoiqu’il en soit, nous sommes ici pour faire une petite surprise décoiffante aux mamans (même si, au final, on sera également un peu surpris). En effet, dans quelques minutes, nous embarquerons à bord d’un buggy aux gros pneus, direction les dunes. Ou devrait-on dire: les immenses dunes.

Les mamans, embarquées à l’avant, songent à une petite promenade. Que nenni. Le chauffeur, remonté à bloc (quelques insultes avant de partir, ça énerve toujours! – blague, hein), va nous faire virevolter. Il aborde les crêtes à fond de balle, on a l’impression de chuter dans le vide. On est balancés dans tous les sens. Les mamans crient. Tout le monde crie. C’est comme dans les montagnes russes sauf qu’ici, nous sommes entourés de paysages splendides. Des dunes à perte de vue. La chaleur. Quand c’est fini, on en redemande.

Le chauffeur ne se prive pas pour nous faire aller dans tous les sens à toute vitesse. Vraiment fun. Et, on ne vous raconte pas la tête des mamans. On ne vous le raconte pas, mais on vous le montre!

Afin de reposer nos petits cœurs fragiles, nous faisons, de temps en temps, des pauses. Pas de tout repos. Ce sont des pauses sandboarding. Juste pour nous. Les mamans ont déjà assez été mises à l’épreuve. Le principe? En haut d’une immense dune. Une planche de snow. Et nous voilà partis, la tête en avant, pour une descente de plusieurs dizaines de mètres. De très bonnes sensations. Sans la fatigue, puisque le buggy vient nous récupérer en bas. On recommence une petite dizaine de fois! Les mamans sont ravies, nous aussi.

Après un baroud d’honneur en buggy , nous rentrons à l’oasis. Le cœur rempli de belles émotions, les yeux plein de belles images. A faire!

Une bonne douche (aux frais de l’hôtel où nous ne logeons pas) et nous nous attablons à nouveau. Une bonne Cusqueña pour faire redescendre la température et nous faire patienter jusqu’au soir. La journée n’est pas finie. Ce soir, nous reprenons un bus de nuit, Cruz del Sur, vers Arequipa. Nous poursuivons notre descente le long de la côté désertique péruvienne.

Une nuit sans accro. Vu l’état de fatigue des mamans, on n’a rien entendu dans le bus. Et ce, malgré le film d’horreur à fond (comme souvent à la télé, ici).

Les photos de notre journée dans la région de Paracas.

Nels

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2 commentaires sur “Islas & Oasis

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