US National Parks: en duo!

Après voir laissé tous nos $ derrière nous, à Las Vegas, nous nous lançons à l’assaut des parcs nationaux de l’ouest américain. Au volant de notre RV. Le frigo bien rempli. Les yeux bien ouverts.

Dès le départ, de nombreuses questions se posent. Quels parcs visiter (sachant qu’à chaque coin de rue il y en a un)? Dans quel ordre? Que faire une fois sur place? Combien de jours? Faut-il réserver les campings à l’avance?

Voici notre humble contribution à la résolution de ce savoureux casse-tête.

1. Etant donné que nous devons revenir à Las Vegas pour récupérer nos deux futurs visiteurs, notre boucle doit être courte.

2. Vu que nos deux futurs compagnons souhaitent visiter le Grand Canyon et Yosemite, nous les laissons pour plus tard.

3. Nous choisissons de parcourir, dans l’ordre: Zion NP (pour National Park), Bryce Canyon NP, Canyonlands NP avec un petit crochet par Dead Horse Point SP (pour State Park), Arches NP, Monument Valley NTP (pour Navajo Tribal Park) et Antelope NTP.

4. Les réservations, c’est contraignant. Dès lors, et malgré la grande affluence en cette saison, nous prenons le risque de ne pas booker à l’avance les campings des parcs nationaux (gérés par les rangers et situés à l’intérieur des parcs). D’autant plus que certains proposent l’option FIFO FIFS (pour first in, first served). Ce qui en langage technique veut dire: la place à celui qui à le plus de pognon premiers arrivés, premiers servis. Et en cas de souci, il existe d’innombrables RV Park (qui ne sont pas des parcs pour les Hervés, mais bien des campings qui accueillent les RV) dans toutes les villes voisines.

5. Compte tenu des tarifs à l’entrée de chaque parc, nous optons pour le pass illimité (en nombre de parcs, mais limité à un an) qui coûte 80$.

6. Point crucial. Conscients de la taille, parfois gigantesque, de chaque parc, nous prenons le parti de limiter nos choix de visites. Quitte à rater des choses. L’objectif est d’essayer de faire une activité dans chaque parc. Une longue promenade, une activité sportive, la chasse à l’ours sauvage à mains nues ou autres activités buccoliques. En bonus, nous tenterons, si le temps le permet, de voir quelques viewpoints. “Que sont les viewpoints”, nous demanderons les plus taquins? Chaque parc est aménagé de telle façon que l’on puisse le visiter en voiture. Oui, en voiture. En s’arrêtant à certains points névralgiques pour faire LA photo!

Cette méthode, certes, moins douloureuse pour les jambes – et une bonne partie des américains, voire des touristes en général, accorde une attention toute particulière à la préservation de leurs jambes -, ne marque pas. Ne laisse pas de souvenir impérissable. On a l’impression de voler d’un point de vue à l’autre et, au final, de ne rien voir du tout! Ce n’est donc pas juste pour frimer que nous n’optons pas pour cette technique.

7. Le plan tactique sera donc un 4-3-3 en attaque continue par les ailes. Pas compris? Again. On roule en début de journée. Histoire d’arriver dans le parc en question, en début d’après-midi. On prend le temps de se poser, d’éventuellement aller voir le coucher du soleil, de bien manger et de se relaxer. Le lendemain, on attaque l’activité, avec un grand A. On dort une deuxième nuit sur place pour être tranquilles. Et on repart le matin suivant. C’est speed. Mais en une semaine…

8. La théorie, c’est bien beau, mais quid de la pratique?

Zion NP

Nous empruntons la route 15. Traversons les villes de Mesquite et de St-George. Des copies conformes. Plantées au milieu du désert, elles semblent (comme beaucoup de choses aux USA) formatées selon le même schéma: zone résidentielle proprette et carrée, zoning commercial immense et identique à tous les autres (toujours les mêmes enseignes, les mêmes parkings, etc.), des fast-food à tous les coins de rue, puis un quartier moins glamour. Les petits plus, sont le terrain de golf et, ici au Nevada, les casinos. C’est soigné et bien pensé, mais sans charme! En tous cas, sans le cachet de nos villes gorgées d’histoire.

Heureusement, la route devient splendide après Virgin Gorge. On a roulé quelques heures seulement, et les paysages sont déjà époustouflants. Ce pays est immense. A perte de vue.

Nous arrivons à Zion. C’est la foule. La file à l’entrée du parc. Les campings sont full. On se pose deux secondes. On se concocte quelques croques-monsieur et on décide de passer notre chemin. Tant pis pour Zion. C’est dommage, car les paysages semblent vraiment splendides. Dommage également, car nous manquerons notre rendez-vous avec Sylvain, rencontré en Inde, et qui parcourt les States sur son vélo (malheureusement, on ne fera que se rater pour ne jamais se croiser!)

Bryce Canyon NP

Le parcours nous offre un spectacle toujours aussi sympa. La sensation de grandeur, d’espace est tellement impressionnante que, du coup, nous nous remémorons l’Australie comme un minuscule lopin de terre.
Nous quittons le Nevada pour l’Utah, état des mormons, dont la capitale est Salt Lake City. Attention au décalage horaire (1h). C’est pas une blague!

Arrivés à Bryce, on s’installe au Sunset campground. Au cœur de la nature. C’est parfait. On se réoxygène pour le lendemain. Notre premier hike.

Un peu plus de 10km (nous couplons trois “promenades” différentes: le peekaboo loop, le navajo loop et le queens garden) dans un décor enchanteur. Bryce est un parc constitué d’une série d’amphithéâtres naturels, au sein desquels se dressent des hoodoos. Des sortes de cheminées naturelles, formées par l’érosion. Grandiose! Nous terminons par Wall Street, un impressionnant canyon très étroit. Une aventure unique et, comme souvent, ce sont les photos qui en parlent le mieux.

Nous concluons notre seconde journée dans le parc par un barbecue de rêve! Des pois chiches façon Angie, un gratin dauphinois chimique succulent, deux steaks à tomber par terre et la petite bouteille de rouge qui va bien. Avec pour seuls voisins, quelques biches et autres cervidés.

Canyonlands NP & Dead Horse Point SP

Après un lever de soleil raté à Bryce, nous glissons avec nos 31 pieds sur la 12 et la 24, en direction de Moab, capitale des loisirs sportifs. Encore une fois, les paysages sont E.P.O.U.S.T.O.U.F.L.A.N.T.S.! On se demande comment ils font pour déterminer ce qui est ou n’est pas parc national. Tant tout ce que nous voyons mériterait ce titre.

Outre, la beauté du décor, nous sommes bluffés par la diversité des paysages. Des zones arides orangées aux forêts de pins enneigées, en passant par des rochers d’un gris acier, des parois plus rouges que des tomates, des collines aux couleurs indéfinissables, des dunes de sable et on en passe. C’est sans fin et on ne se lasse jamais!

Moab. Ville américaine. Rues perpendiculaires. Quartier résidentiel. Zoning commercial. Fast food. Pompes à essence. Visitor Center. Quartier des caravanes. Point barre.

La région regorge de beaux parcs. Le plus grand est Canyonlands. Gigantesque. On tente d’y aller, mais les campings sont pleins. Qu’à cela ne tienne, nous logeons à la sortie du parc, au Horsethief campground. Encore une fois, c’est juste génial. Rien autour, si ce n’est le coucher de soleil, la nature, un morceau de pizza et une bière.

Un peu effrayés par la taille de Canyonlands, on se penche plutôt sur le « petit » parc d’état adjacent: le Dead Horse Point State Park (c’est ici qu’ont été tournées quelques scènes des films Thelma & Louise et Mission Impossible 2). Très bon choix, mes ami(e)s!

Grâce à un réveil matinal et notre filouterie légendaire, nous parvenons à choper le seul emplacement disponible dans le camping du parc. La nuit suivante est donc assurée.

Passons à la journée. On attaque le Rim trail. Une promenade de plus de 11km qui longe un promontoire rocheux et offre des vues sur les canyons du Canyonlands ainsi que sur le fleuve Colorado. Exceptionnel. Des sensations uniques. D’une part, grâce à la beauté du site. D’autre part, par le calme et le sentiment de solitude que procurent les lieux. Tous les touristes se pressent au viewpoint pour LA photo et délaissent cette marche d’enfer!

C’est juste… beau. Les dimensions plus “humaines” du site et la proximité des falaises de plus de 600m de hauteur, rendent le lieu unique. On mange nos petites tartines en rêvant les yeux grands ouverts.

Mais reprenons nos bâtons, la journée est loin d’être finie. Il faut (c’est triste ce mot, mais bon!) quand même faire (encore plus triste!) Canyonlands. Vu le temps qu’il nous reste, nous décidons de ne nous arrêter qu’à deux points stratégiques: le Grandview point & Mesa Arch. Le premier est sympa, mais vaut surtout pour sa petite promenade d’une heure. Pour nous ce sera près de 2h. La marche, c’est bien. Mais rien ne vaut une petite sieste sur un rocher!

Nous finissons par Mesa Arch. Un merveilleux avant-goût de ce qui nous attend le lendemain à Arches, le parc voisin. On a dit que c’était beau?

Arches NP

Un peu sur les rotules de la veille, et après un crochet par Moab, nous faisons notre entrée dans Arches NP, sans avoir trouvé la combinaison gagnante du casse-tête planning. Un moment de faiblesse qui nous vaudra de nous retrouver au milieu des touristes lambda, vêtus de shorts à poches, de t-shirts souvenir, de sandales assorties à de hautes chaussettes blanches, de chapeaux et gilets de pêche, de sacoches photo avec 57 pochettes. Heureusement, il suffit de faire la petite marche de 30 minutes, prévue à chaque point de vue, pour en perdre 75%. Ils sont certainement hyper cools, mais c’est tellement ressourçant de se sentir seuls au monde.

Soyons honnêtes, Arches c’est superbe, surtout après 15h, lorsque le soleil commence à descendre. Néanmoins, notre approche n’a pas été la meilleure. On a voulu tout voir, et au final, on a tout effleuré. Juste assez pour se regarder avec un regard vide et échanger ces quelques mots magiques:

– “…c’est beau, hein?”
– “Hum hum…”
– “T’as fait la photo?”
– “…mouais, la lumière est bof!”
– “…ah!”
– “Reste encore des pâtes dans le frigo?”
– “…pas évident!”

Plus sérieusement, il nous aurait fallut plus de temps. En fait, nous sommes pressés, car, ce soir, à Moab, c’est…2! Iiihaaa!

Evidemment, on s’est précipités aux guichets pour se procurer deux tickets. C’est l’évènement à ne pas rater dans le coin. En plus, c’est une manifestation purement locale: ambiance western assurée. Chapeaux, bottes, jeans, cow-boys et cow-girls, tout y est!

On a droit à la cérémonie d’ouverture. A savoir, un défilé de jeunes cow-girls (dont la Miss Rodéo Utah) portant les drapeaux des différents sponsors. Ensuite, c’est le petit moment émotion: l’hymne américain reprit en cœur par toute l’arène, à coup de “God bless America” ou “We love the United States of America”. Un petit moment nationaliste qui nous rappelle la Chine. A part ça, il y en a pour tous les goûts: le bronc riding (la monte de chevaux sauvages), le bull riding (la monte du taureau sauvage), le roping (la capture du veau au lasso), le barrel racing (la course à cheval), etc. Le tout dans une ambiance bon enfant, arrosée de sodas géants et d’hamburgers. Bref, à l’amériiicaiiine! Un chouette moment et un bon moyen d’entrer en contact avec les coutumes locales.

Monument Valley NTP

Un rodéo. Une bonne nuit de sommeil dans un camping des plus sordides, peuplé de vieilles caravanes rouillées devenues résidences principales.

On reprend la 191 vers la ville perdue de Bluff, en longeant Canyonlands. Quelques kilomètres plus loin, nous entrons dns l’Arizona. Et, plus précisément, en territoire indien. Nous voici chez les Navajos, peuple apparenté aux Apaches. Les terres navajos constituent la plus vaste réserve amérindienne du pays. Les Navajos viendraient du nord (via l’Alaska, en provenance d’Asie, vers 1000 avant JC) et se seraient installés dans le sud-ouest des États-Unis à partir du 14° siècle. Aujourd’hui, ils continuent à vivre dans des maisons traditionnelles, les hogans, et leur économie est principalement fondée sur l’élevage, l’artisanat et, désormais, le tourisme.

Ce sont deux des sites gérés par les Navajos qui nous attirent dans la région. Le premier sur notre route est le célèbrissime Monument Valley. Ce site naturel est caractérisé par un plateau érodé où ne subsistent que quelques buttes en grès massif. Il est devenu célèbre en servant de décor à d’innombrables westerns.

Nous hésitions à faire une ballade à cheval à travers le plateau. Malgré le côté touristique de ce tour, cela semble un bon moyen de sentir de près l’endroit. Toutefois, nos plans tombent à l’eau. Notre cher appareil photo, notre petit K-x, n’aura pas survécu à une opération à capteur ouvert! Selon la presse, une erreur médico-photographique serait à l’origine du décès. Mais le chirurgien dément et avance, comme causes du décès, des complications post-opératoires. Quoiqu’il en soit, l’appareil agonisera encore quelques jours, avant de s’éteindre, à Las Vegas, entre les mains d’un professionnel.

Un peu plombés par ce décès, pourtant purement matériel. Nous profitons plus difficilement du lieu, pourtant exceptionnel. Et ce, malgré une approche du tourisme, de la part des Navajos, légèrement aggressive et dénuée d’authenticité, même feinte!

Antelope NTP

Encore sous le coup de la perte de notre K-x, nous atterrissons à Page. Une ville-étape intéressante. A la frontière de l’Utah et de l’Arizona, pas loin de Grand Canyon, de Glen Canyon, du Lake Powell et de Antelope. Ce dernier étant notre objectif.

Mais ce matin, les visages sont palots. Les traits tirés. Les mines déconfites. En des termes plus savants: “Pas la patate, c’matin!”. Oooh, ça va, hein! Ça arrive…

Se pose alors la question: “Antelope ou pas Antelope?”. Et dans l’affirmative, lequel! Oui, il y en a deux. Upper et Lower. Le premier, nettement plus touristique, est plus cher, car il nécessite un transport en jeep. Il offre un jeu de lumières naturelles splendide, sur les coups de 11h. Le second, moins cher, est, semble-t-il, tout aussi beau.

On écoute nos cœurs. On rassemble nos forces. On se souvient du conseil de PF (un garçon qui a bon goût, ne fut-ce-t-il pas détenteur d’un K-x… Sniiif!): “Antelope, c’est le top!”. Lower Antelope, on arrive!

Nous sommes un petit groupe, guidé par un jeune Navajo aux longs cheveux blonds très sympa et concerné par les lieux. Lower Antelope (tout comme Upper), est une gorge très étroite forgée par des pluies violentes. La roche a pris des formes étranges, et tous les jours, les rayons du soleil viennent jouer avec les parois pour un offrir des effets de lumière d’une rare beauté. Un must-do, comme disent les guides!

Notre petit tour à deux prend fin. Nous reprenons la route de Vegas. Au passage, une nouvelle nuit sur un site surréaliste, du côté de Mesquite. Un camping reculé, où le français semble être une langue venue d’une autre planète. Extrait: “Which language? French? Oooh, I’ve heard about this language…”. Fou, mignon et authentique!

Un crochet par Vegas pour récupérer nos deux co-voyageurs et ça repart!

Les photos, plus bas!

Nels

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6 réflexions sur “US National Parks: en duo!

  1. Pfffiouuuu, quelle course mes amis ! Je comprends pourquoi vous n'avez pas eu le temps de mettre votre blog à jours plus tôt !

    Encore choqué par le drame, j'ai observé une minute de silence pour feu le K-x. Paix à son âme… et vive le K-r (je vais être jaloux) pour que vous puissiez continuer à nous offrir vos superbes photos !

    Et merci pour la spéciale dédicace ;-)))

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  2. Comme d'habitude, vos photos sont impressionnantes de beauté et reflètent si bien les commentaires du blog! Bravo à tous les deux et bonne route vers l'Amérique du Sud!

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  3. Just-in-time ! Les mamans ont pu voir cette page avant dernier dodo ! Vous êtes beaux tous les deux ! Vous venez de me donner l'idée de peindre l'ambulance en blanc ! hihi

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  4. Ouah, Las Vegas !!
    Bien clinquant, ca devait être cool, chouette vue de la chambre, on aurait dit un épisode des experts ;o) Et, la chapelle avec Elvis ??
    Sinon pour le mini van je dis « y en a qui ont droit à des traitements de faveur hein ! 31 mètres de long, douche, ‘évitage’ des ‘grosses courses’… »

    Waouwwwww, les parcs nationaux !!
    C’est hallucinant tellement c’est beau, et gigantesque ! Je présume que vous avez un nouvel appareil photo depuis :o/ on veut voir la suite !
    Gros bisouss
    Ps : les panneaux, les panneaux ;o) j’adore le tracteur ahaha (et la sorte de mouton évidement…)

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  5. waaa magnifique et la dernière photo, çà me fait vraiment penser au film 128 heures…c'est pas une grosse pierre qui est tombée sur l’appareil photo et vous avez du découper l'objectif avec un petit canif pour le sauver?

    Wils le frerot

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