L’île fleurie

Bali, ballot, comme ça c’est fait!

Bali, l’étape improvisée. Pour plusieurs raisons. Faire baisser nos dépenses quotidiennes, en hausse en Australie. Sentir à nouveau les parfums de l’Asie. Avec 25 jours en main, c’est aussi l’occasion de se sédentariser un peu. Après 6 mois de mouvement perpétuel (tous les 2-3 jours), on a besoin de se poser. C’est pourquoi nous nous “contenterons” de Bali et laissons les autres îles indonésiennes pour un autre voyage.

Parlons de Bali. Petite île d’Indonésie, coincée entre la grande Java et Lombok. 3 millions d’habitants sur un tout petit espace de 80 sur 120km. L’Indonésie a, depuis toujours, été un carrefour maritime et commercial très important. L’Inde, la Chine, puis les commerçants musulmans, les portugais et les hollandais ne s’y sont jamais trompés. De nombreuses luttes pour le pouvoir ont émaillé l’histoire de cette région. De l’influence hindouiste et bouddhiste, encore présente aujourd’hui, à la suprématie musulmane. En passant par la colonisation hollandaise.

La singularité de Bali repose sur le fait que l’île soit majoritairement hindouiste (l’Indonésie étant majoritairement musulmane). L’explication est à chercher du côté de l’exode des élites javanaises à la fin du 15° siècle. Fuyant l’invasion musulmane, le roi Dewa Agung, accompagné de sa cour, des prêtres et des artistes, s’installa à Bali, dernière colonie fidèle, et y fonda une nouvelle dynastie. Cette page de l’histoire est fondamentale pour expliquer le développement culturel de l’île et la préservation de la philosophie hindoue.

L’hindouisme balinais est différent de celui qui existe en Inde. Influencé par le bouddhisme, l’animisme et le culte des ancêtres, il repose sur le Dharma, la loi universelle régissant l’ordre des êtres et des choses. La vie des balinais est régie par l’ordre cosmique, pilier de leur croyance. Tout y est relié. Cela rend leur vie très ritualisée: un tiers de leur existence serait consacré d’une façon ou une autre aux cérémonies. Ils cherchent continuellement à mettre de l’ordre dans leur vie. Cet ordre leur apporte l’équilibre. C’est pour cela que lorsque vous rencontrez un balinais, il vous pose toujours les mêmes questions: “d’où viens-tu?” et “où vas-tu”. Ce n’est pas de la curiosité. Mais le besoin de nous trouver une place dans leur équilibre.

Tout comme en Inde, il existe un système de castes. Plus complexe, il est toutefois moins contraignant, moins hiérarchisé. En effet, au cours des siècles, les différentes castes ont été obligées de se regrouper en banjar (collectivités) pour effectuer le dur labeur dans les rizières. Ces efforts communs ont permis, au fil du temps, d’atténuer l’écart entre elles.

En ce qui nous concerne, nos premiers mots n’ont pas été destinés à répondre aux deux questions évoquées plus haut. Non, notre première phrase a du être: “Waaah, qu’est-ce qu’il fait chaud $#*%*£#!”. Et pour cause, c’est la première fois de notre voyage que nous ressentons une telle chaleur, une telle humidité. Le ciel est couvert, le sol détrempé et pourtant les gouttes ruissellent sur notre front, même à l’arrêt!

Nous prenons un taxi pour notre première étape, la capitale Denpasar. Rivés à la fenêtre, nous retrouvons l’Asie. Ce doux désordre. Nous revoilà dans un pays où il n’y a pas d’impossible! Ce qui nous frappe également, dès les premiers kilomètres, c’est la beauté des paysages. Nature et architecture semblent se mêler dans une harmonie parfaite.

Mais, en fait, pourquoi Denpasar? Pourquoi pas la région de Kuta, ses plages, ses hôtels, ses australiens en masse, ses restos et ses magasins? Bonne question. La réponse est assez simple. Nous recherchons, avant tout, un hôtel capable de remplir l’ensemble de nos critères, qu’on a baptisé les 5 C : calme, confort, connexion WIFI, coût bas et… propreté. Et nous l’avons trouvé à Denpasar. Le Pop Harris. Un hôtel designo-moderne vraiment chouette. Seul bémol (qui, en réalité, n’en est pas un pour nous), il est situé dans la capitale, et non sur la côte. Dans un quartier sans autre intérêt que d’être dépourvu de touristes. On est plongés dans la vie locale et c’est parfait!

Nous passerons plusieurs jours à ne rien faire, si ce n’est mettre à jour le blog, dormir, regarder la télé, se goinfrer de banana bread et de nouilles bon marché. Banal pour vous, ça ressemble à un dimanche comme les autres, mais, pour nous, cette routine était TOP!

Comme toute bonne chose à une fin, nous décidons de partir vers le centre de l’île. Vers le deuxième pôle touristique (après la région de Kuta), la charmante Ubud. On ne peut pas dire que cela se soit passé comme prévu. Aventuriers dans l’âme, on décide de ne pas prendre un taxi direct, mais d’y aller en transports locaux, les célèbres bémos. Arrivés au terminal, nous comprenons bien vite que ça ne va pas être simple. Aucun voyageur à l’horizon (pour rappel, ces charmants bémos n’avancent qu’une fois remplis). En plus, le chauffeur ne semble pas prêt à baisse son prix. C’est alors que, venu de nulle part, nous voyons arriver un petit bonhomme aux cheveux crollées. Un espèce de Tortue géniale, sorti tout droit de Dragon Ball. Un peu courbé, timide, bredonnant un anglais très correct. La discussion le mène très rapidement à nous proposer un transfert et un logement à Ubud, dans sa homestay (maison d’hôtes). Méfiants, voire paranos, on hésite malgré les dizaines de recommandations qui noircissent le petit carnet de Tortue géniale. Un rapide flashback sur nos expériences passées et une brève analyse des risques encourus, et nous voilà embarqués dans sa petite Honda Civic 80’, direction Ubud.

Patrick, c’est son nom. Son faux nom! Car comme bon nombre de balinais, il a choisit un pseudo (selon nos infos, les balinais n’auraient que 4 prénoms, en fonction de leur arrivée dans la famille: premier, deuxième, troisième et quatrième). Nous arrivons dans sa homestay, la Praety, et comprenons très vite que nous venons de faire un merveilleux choix. Que cette rencontre était une véritable chance. Accueillis par son épouse, sa fille et son petit-fils Daddy, nous nous sentons tout de suite à la maison. Comme la plupart des balinais, ils sont hyper souriants, d’un accueil réservé, mais chaleureux. On est plongés au cœur d’une famille balinaise. Sans pour cela se sentir « prisonniers » (c’est un sentiment que nous n’aimons pas ressentir lorsqu’on est chez l’habitant ni ailleurs, en réaalité)! On a trouvé notre maison.

Nous y passons 2 nuits. Seulement. Le temps de se promener  dans la charmante Ubud. Trop touristique, mais très agréable. Comme partout sur l’île, la végétation est d’une richesse fantastique et déborde de beauté! Beauté omniprésente. Maisons et temples se confondent, tant les premières sont belles. Chacune semble cacher un véritable trésor en son sein. Des jardins bien entretenus, des fleurs colorées partout, de belles statues, une architecture riche et travaillée. Le charme opère rapidement!

Pour visiter Bali, rien de tel que la moto. Nous quittons Patrick et sa famille pour attaquer le nord et l’est de l’île. Première étape, Munduk, et plus précisément Banyuatis, un village perdu dans la montagne. Le trajet est splendide. Des rizières verdoyantes, partout des balinais sympas, serviables et souriants! Nous nous arrêtons au temple Pura Luhur Batukau, un highlight du Lonely. Et franchement, c’est sans plus. On a vu de simples demeures beaucoup plus belles.

Nous prenons ensuite la route de Jatiluwih pour admirer ses rizières à perte de vue. Magnifique. Nous continuons notre progression vers le nord. A l’assaut des montagnes, pour atteindre Banyuatis. Le temps est instable. Comme souvent à Bali. On passe d’un soleil accablant à des nuages noirs, en quelques minutes. De plus, le ciel est souvent voilé. A l’approche des montagnes, les températures chutent et la pluie fait son apparition. On ne verra pas grand chose du haut des sommets, le brouillard est à couper au couteau.

Après 7h de route, nous atterrissons à l’Atres Villa, à Banyuatis. Accueillis à la balinaise, on est toute de suite envoûtés par l’endroit. De plus, nous arrivons en pleine cérémonie des véhicules (quand on vous disait qu’ils ont des rites pour tout). Cette cérémonie, bi-annuelle, a pour but d’apporter la protection divine à tous les véhicules et à leurs passagers.

Que dire de l’Atres Villa? Un lieu de retraite parfait. Des bungalows vraiment charmants, installés en plein milieu des rizières. L’ensemble appartient à un riche javanais et est tenu par une famille, Gusti’s family. Le contact est très bon, même si on ressent ici (contrairement à chez Patrick) le sourire un peu plus commercial. Peu importe, à 300.000 Rupiah (moins de 30€) le bungalow, avec en prime les trois repas, on ne pourrait que difficilement refuser la demande de dons de Gusti.

Venus pour une nuit, on prolongera d’une nuit supplémentaire. Le lieu est vraiment incroyable. Le confort des bungalows, la salle de bain extérieure (comme souvent à Bali. On a imaginé le concept en Belgique, mais, non finalement), la vue sur les rizières, etc. On reste dans ce mood zen et relaxant qui marque notre périple indonésien.

Après notre première nuit sur place, et accompagnés de Bobby, un ami de la famille, on a l’honneur d’assister à l’intronisation du nouveau chef du village. Une cérémonie qui réunit tout le monde dans le grand temple du hameau. Malheureusement, on rate les premières danses et on arrive en plein milieu. En effet, Bobby avait oublié de nous prendre des sarung: ces draps qu’on enveloppe autour de ses jambes et qui sont un élément essentiel du dress-code cérémonial. Tu rentres en baskets et sans carte VIP, mais pas sans sarung!

Malgré notre entrée tardive, nous sommes reçus avec de petits gâteaux et une boisson fraîche. Pas besoin de vous faire un dessin: on n’est pas passés inaperçus! On s’installe timidement dans un coin et on écoute attentivement le nouveau leader faire son discours. Avec ses Ray Ban, sa bonhomie et, compte tenu des nombreux éclats de rire et applaudissements de l’assemblée, il avait l’air assez rigolo!

Après cette expérience unique, nous suivons Bobby, à la conquête de la cascade Banyuatis. Sur le chemin, nous en profitons (Nels surtout) pour faire un petit plongeon dans la rivière avec les gamins du coin. Nous poursuivons notre promenade à travers les rizières, entourés de cacaoyers, bananiers, caféiers, frangipaniers et autres arbres en -iers.

Il est midi. C’est l’heure de rentrer, car une tempête s’annonce. Un petit extrait.

Après 2 nuits à Banyuatis, nous reprenons la route pour rejoindre l’est de l’île. Nous traversons les montagnes sous une averse phénoménale. Et atteignons le Mont Batur. Le plus célèbre des 7 volcans de l’île. Deux raisons nous poussent à faire l’impasse. D’abord, l’endroit est vraiment trop touristique. Secundo, une mafia locale a – d’après les infos glanées –  la main mise sur les lieux et interdit l’accès au site sans guide. Or, un guide n’est vraiment pas nécessaire pour atteindre le sommet. Les différents échos parlent d’agressions violentes – du style: 70 hommes armés contre 4 pauvres touristes – à l’encontre de ceux qui ne se plient pas à leurs règles. Et comme Nels le Barbare et Angie la Guerrière n’ont pas envie de devoir leur briser le cou un par un, on poursuit notre route jusqu’à la ville côtière d’Amed.

Plus précisément, le village de Aas. Une auberge incroyable nous y attend: le Meditasi. Un (autre) havre de paix, au bord de la mer. Accueillis par Ozbin, le gourou, nous logeons dans la suite nuptiale. Une chambre ouverte sur la terrasse, avec une vue splendide sur la mer. Un lit sur la terrasse en plus et une salle de bain à ciel ouvert. Charmant! Malheureusement pour nous, il est complet et nous ne pourrons rester qu’une nuit. On en profite un maximum. Malgré le sable noir, les plages du coin ne sont pas si moches qu’on le dit. Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est du pur chill out! Un délicieux poisson grillé pour couronner le tout. Impossible de ne pas être zen. On recommande chaudement!

Petite anecdote étrange. Le livre que Carole a apporté à Angie, choisi totalement au hasard, a été, en partie, écrit au Meditasi. En effet, Elizabeth Gilbert, auteur de « Eat, pray & love », y a passé 4 mois et aborde longuement son séjour à Bali dans l’ouvrage. Et on n’en savait rien, car Angie n’a commencé le bouquin que deux jours après! Alors, comme diraient Elie & Dieudo, « hasard ou réalité scientifique? ».

Pour repartir du petit village de Aas, nous empruntons la route qui longe la côte est de Bali. C’est très mignon!
Mais quelle suite donner à notre parcours balinais? C’est LA question. Après plusieurs heures minutes de réflexion, nous décidons de rentrer à la maison. Non! Pas en Belgique. Notre maison à Ubud, la Praety Homestay, chez Patrick. 4 nuits supplémentaires dans ce cocon de rêve. Avec un objectif: dévaliser l’île!

Nous n’en avons pas encore parlé, mais Bali est un paradis pour acheter du mobilier, des objets de déco et autres babioles d’intérieur. De nombreux touristes profitent de leur séjour pour se racheter un intérieur. Et on peut les comprendre! On trouve des choses superbes, à des prix dérisoires! Cette frénésie acheteuse est d’ailleurs un peu controversée. Certaines voix s’élèvent pour dénoncer la déforestation causée par l’essor de ce marché. Des voix contraires pointent les nombreuses bouches que nourrit ce même marché! Comme toujours, il y a deux écoles, deux faces à une même pièce (plus une tranche) et il est difficile de trancher.

En ce qui nous concerne, nous passons deux jours à écumer les villages à la recherche de quelques pièces rares. De Batubulan, la ville où la pierre est reine et où les statues inondent les pseudo-trottoirs, au village des masques, en passant par celui des étoffes et des coussins, ou encore celui des tableaux. Il faut dire que Bali est une île où l’art, notamment la peinture naïve, s’est considérablement développée au cours du 20° siècle, sous l’influence d’artistes européens et américains, tombés amoureux et venus s’installer sur l’île (comme par exemple Antonio Blanco, peintre espagnol appelé le Dali balinais).

En fin de compte, et après la location d’une petite jeep (record de location battu: 5 minutes montre en main pour avoir les clés et le tout pour 8€ la journée) pour le transport de nos joyaux, nous expédions un petit mètre cube par cargo. Direction notre plat pays, toujours sans gouvernement, mais, rassurons-nous, avec des taxes à payer, notamment à l’entrée de marchandises.

En Asie, tout est vraiment possible et ça, c’est le pied!

C’est le cœur lourd que nous faisons nos valises et quittons la famille de Patrick pour rejoindre l’étape suivante!

Quelques photos de Bali (malgré la brume permanente).

Nels

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5 commentaires sur “L’île fleurie

  1. Oi Nelson e Angie, Bali que cantinho täo lindo. Um dos lugares a visitar na minha agenda! Eu também li « Eat pray and Love » (quem näo leu?) depois disso ir a Bali é uma promessa. 🙂
    As vossas fotos säo sempre (näo ha outras palavras) maravilhosas, täo vivas e com detalhes que a olho nu ficariam perdidas, mas voçes conseguem sempre apanhar e imortalizar, they will last forever! Obrigada por partilharem connosco. Bjihnos
    Be safe

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  2. « choisi totalement au hasard…  » Non Monsieur, après une heure passée à la Fnac avec une Pression de ramener ZE roman (pas trop lourd, pas trop vite lu, pas trop gonzesse, mais pas que voyage…) :o)
    Allez je vois que les rencontres et les sourires sont à nouveau au RDV, super !! Que du vert, j adore!
    Viva Las Végas maintenant, et dites bjr à Elvis de ma part
    BISOUSSS

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  3. Je suis complètement sous le charme de l'Indonésie!
    Mel m'en avait déjà beaucoup parlé, mais là avec vos magnifiques photos en plus…WAOUWWWW!!

    Et les photos de tous ces plats MMMMMhhhh ça donne faim…ça me rappelle un peu la Thaïlande, quel régal!

    Chill out, chill out..

    J'ai super hâte de voir vos achats.
    J'ai déjà pu remarquer le magnifique pantalon? jupe? sarung? d'Angie, trop canon!

    Je vous embrasse fooooooooooooooort…

    ps: suite nuptiale + Las Vegas??…–>??????

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