Sydney la belle

Notre départ de Nouvelle-Zélande est un peu mouvementé. En effet, notre vol est (légèrement) retardé par un problème informatique à l’aéroport de Queenstown. C’est anecdotique. Et nous l’avons vécu bien tranquillement. Mais, cela nous a fait sourire (et réfléchir), en constatant ce qu’un petit bug informatique peut causer comme panique et embrouilles. Sans parler des solutions de recours. Un bic (quatre couleurs tout de même), une feuille et on fait la liste des passagers. Comme dans un vieux bus local au Laos, finalement.

L’Australie! Nous y sommes. Le continent lointain. On y est mais c’est un peu le b****l au niveau planning. On n’a rien. Tous nos plans échouent à l’épreuve budget, à l’obstacle faisabilité ou encore à l’exigence plaisir. C’est donc les mains dans les poches et la tête dans les étoiles que nous débarquons à Sydney, la « ville du port » (en référence au Port Jackson), ville phare de cette immense île-continent.

On a beau venir de Nouvelle-Zélande, on est dépaysés. Fini les villes tranquilles, on a devant nous une métropole en pleine effervescence. Une ville cosmopolite, à la pointe (si l’on considère les critères occidentalo-capitalistes). Elle est située sur une superbe baie, site de la première colonie européenne, en 1788. On ne va pas s’étendre sur l’histoire australienne car nous ne sommes pas loin du schéma néo-zélandais. Avec, tout de même, quelques spécificités:

  • contrairement aux Maoris, les Aborigènes et leurs ancêtres occup(ai)ent ces terres depuis plus de 50.000 ans. En gros, depuis toujours!
  • l’existence de cette immense étendue a été présumée, en Europe (probablement plus tôt pour les commerçants chinois et arabes), dès le début du 15°siècle.
  • l’Australie fut d’abord une colonie pénitentiaire (le bagne britannique).
  • le sort réservé aux Aborigènes est encore plus violent que celui imposé aux Maoris. C’est un véritable génocide qui a eu lieu: violences, meurtres, maladies, destruction de leur mode de vie, européanisation forcée, alcool… La population aborigène décline considérablement, et pour ceux qui restent, l’exode vers des régions moins accueillantes ou l’assimilation forcée sont les deux seules issues.
  • la découverte d’or dans l’état de Victoria va aggraver leur situation et multiplier de façon inouïe le nombre de colons européens. On assiste aussi, au 19° siècle, à une vague d’immigration chinoise.
  • à l’aube du 20°siècle, l’Australie acquiert son indépendance à travers la fédération des 6 grandes colonies qui s’étaient constitués au fil des siècles sur le territoire .
Pour le reste, on vous renvoie à vos livres d’histoire, ou pas! Revenons à nos moutons néo-zélandais.

Budgétairement, on sent tout de suite la différence. Se loger coûte une fortune. On voudrait être au calme et avoir une bonne connexion internet, gratuite, pour programmer la suite. On débarque au Wake Up!, véritable repère du backpacker et du funisme (une sorte de secte où tout est prévu et balisé. ‘Y a même une boite de nuit), dans le quartier de Central Station, à deux pas de Chinatown. On l’avoue, ça fait plaisir de voir des asiatiques, c’est un peu la famille pour nous. A part ça, c’est du backpacker de 18 piges venu se bourrer la gueule, voire plus si affinités.

Ces premiers jours à Sydney sont un peu pesants. On a envie de se sentir comme à la maison, de se sentir débarrassés des préparatifs des semaines à venir et on peine à trouver nos repères. La ville est grande et on se sent légèrement oppressés. Nous sommes conscients que notre lassitude pèse sur le jugement de la belle Sydney. Alors, on se terre deux jours dans notre chambre double, en alternance avec le In Café, à deux pas, et son wifi gratos! Et on bosse.

Après plusieurs de brainstorming, l’affaire est conclue. Les jeux sont faits. Les cornichons sont dans le bocal. La cerise est sur le bateau. L’agenda est bouclé. Libérés de nos chaînes, on peut s’atteler à découvrir la ville et ses nombreux quartiers, l’esprit plus léger. Et les jambes un peu reposées. Pour ce faire, on déplace notre QG du cote de Kings Cross, au Jackaroo Hotel. Encore du backpacker, mais de plus de 18 ans. C’est plus décontract‘, c’est moins cher et ‘y a du wifi.

La pluie s’invite au programme. On en profite pour régler quelques détails à l’ambassade du Portugal pour Nels. On se rend, ensuite, et pour la première fois, à Circular Quay pour apercevoir le fameux, le célébrissime, Opéra de Sydney. Ouais, c’est beau! Après plusieurs jours à Central Station, on est heureux de voir et de sentir d’autres quartiers, de se rendre compte que Sydney ce n’est pas seulement des backpackers boutonneux (Oui, on approche de la trentaine les gars et on a toujours rêvé de mépriser les p’tits jeunes…). Et surtout, nous commençons à ressentir cette ambiance toute particulière, qu’on pourrait incarner de la forme suivante: un jeune homme de 28, en costume, son iPhone dans une main, sa planche de surf sous le bras droit, des baskets de running aux pieds, des cheveux dans le vent, un sourire aux lèvres (signe de sa décontraction), à son bras gauche une charmante jeune femme de 25 ans, à deux, ils aiment pique-niquer dans les parcs, écumer les bars branchés, dévaliser les boutiques et se dorer la peau au soleil.

Vous l’aurez compris, Sydney est une ville vivante et décontractée, charmante et animée, multiculturelle et branchée. Le coup de foudre n’avait pas encore eu lieu, le divorce avec la Nouvelle-Zélande était trop récent. Mais, par sa tenace séduction, elle nous aura finalement conquis.

La ville est un nid à centres commerciaux et autres magasins en tous genres. Plus sympas les uns que les autres. Entre deux visites de l’Apple Store et une virée en Monorail, le métro surélevé de la ville, on se fera un…Nandooo’s (oui, c’est maladif!). Niveau bouffe (c’est le cas de le dire), rien de transcendant. C’est fast food (dont le Hungry Jacks, franchise australienne de Burger King) & banana bread. Ce dernier est une découverte succulente. On se fera également un bon fast food mexicain (Guzman y Gomez) et plusieurs bons repas au In Café (vu le nombre d’heures passées sur place, on se devait de le citer deux fois).

Puis, il y a le coup de foudre, le moment divin: Angie rencontre les meat pie de Chez Harris, un petit kiosque, plus que centenaire, ayant servi les plus grandes stars. Angie se régale. Une tourte à la pâte feuilletée, fourrée de carbonnade au goût voluptueux, le tout nappé d’une purée onctueuse et de ketchup maison. Pendant que Nels décortique les photos des stars affichées tout autour du kiosque: « Ah Pamela Anderson est venue ici? Ah bon…tiens donc… Deux fois? Ah bon, j’savais pas, j’me demande bien ce qu’elle a choisi comme plat… Tiens je vais regarder de plus près! »

Après ce moment de bonheur, c’est le drame. Sains et saufs jusqu’à présent. Notre premier véritable accident (hormis la petite chute en mob’ au Laos). On ne l’a pas vu venir. Angie, la victime, est d’humeur Guy Montagné. Nels prend une énième photo de la ville et opère un mouvement latéral avec l’appareil. Au même instant, Angie décide de faire une blague et de sauter devant lui, le choc est inévitable: l’appareil frappe Angie de plein fouet. Sur la lèvre. Après le crash, les cris de douleur, puis vint le silence… La pluie qui frappe le sol et la petite larmichette de douleur. Les secours arriveront très vite. Heureusement, plus de peur que de mal. Un bisou et ça repart!

Pour nos derniers jours, le soleil fait son apparition. La ville devient éclatante. Elle a enfilé sa plus belle tenue pour nous attirer à jamais dans ses filets. L’Opéra brille de mille feux, l’Harbour Bridge semble dominer les eaux de toute sa grandeur. Pour mieux apprécier ce géant de fer, nous grimpons dessus, plus précisément au Pylon lookout. Une vue splendide (comme dirait Carole, à 365°) sur la baie et tous les coins de la ville.

On se promène dans Kings Cross et au sein du très beau Woolloomoolo. Au loin, les grattes-ciels sont chatouillées par les belles cathédrales et caressés par les nombreux espaces verts de la ville. Le Royal Garden Botanics, par exemple. On est subjugués par cet endroit. Une merveille. Tellement qu’on le visitera deux fois. Un trésor naturel en plein coeur de la ville. Des arbres de toutes les sortes. Des plus étranges aux plus communs. Des oiseaux, des chauves-souris. Des pique-niques sur l’herbe, des mariages. Une ambiance bon-enfant règne en maître. On retourne voir l’Opéra une ixième fois pour rejoindre Circular Quay et prendre un bus pour Bondi Beach.

Bondi… Aaah Bondi (dites Bondaille, sinon ça fait pas cool). Les filles en string sur la plage, les vagues et des bières, que demander de plus. En réalité, l’été est déjà loin (même s’il fait très beau) et la plage est quasi vide. En tous cas, à mille lieux des affluences des mois d’été. C’est donc un décor de rêve pour nous. Et qu’est-ce qu’elle est belle cette plage… Waouh! Quelques surfeurs se la pètent dansent avec les vagues. Des joggeurs s’exercent sur le sable. Des passants, quelques promeneurs. Le décor est vraiment splendide. La lumière, les vagues, la plage. Chapeau madame Sydney, vous avez-là une très belle plage! Et Bondi, ce n’est pas que la plage. Tout le quartier de Bondi est charmant.

Nous enchaînons les belles découvertes: Martin’s Place, Observatory Hills, etc. The Rocks également, où nous cherchons désespérément le Belgian Beer Café. Pas pour une bière, mais juste pour rendre hommage à notre cher Yanno, qui a travaillé ici (on a beaucoup pensé à toi mon enfant: « Tiens Yan a du marcher ici. Ah, il a travaillé là, puis, il a forcément été plein par là et je me souviens qu’il avait pécho dans ce coin! »).

Enfin, n’oublions pas le très in Surry Hills avec ses bars et restos (dont un Nando’s) et Oxford Street avec ses nombreux magasins.

On passe aussi quelques moments sympa au Jackaroo. Avec deux p’tits jeunes néo-zélandais, à analyser les autres habitants (et ‘y avait du spécimen, surtout le samedi soir, avant la sortie en boîte), à cuisiner (1h12 pour faire bouillir de l’eau) ou encore à regarder un match de Porto vers 5h du mat’.

Ces 6 jours à Sydney nous ont fait du bien. Et nous comprenons mieux la fascination que cette ville peut exercer. Même si elle reste immense, et que nous lui préférerions Queenstown ou Wellington pour poser nos valises (c’est du domine de l’hypothétique, on va pas déménager demain), Sydney possède beaucoup de points d’intérêt. Et dire que nous n’avons fait que le centre et qu’il reste énormément d’autres choses à vivre/voir.

La première étape de notre trip australien est clôturée avec succès!

Les photos de la belle sont en-dessous.

Nels

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Une réflexion sur “Sydney la belle

  1. Ah, je me demandais cmt s'etaient passés ces 1er jours sans moi… Je dois dire que ca ressemble assez à mon retour en Belgique ;o)
    Par contre, je n ai pas la réponse à ma question : COMMENT avez-vous réussi à décider de la suite du voyage? C etait en assommant Angie avec l'appareil photo?
    Sinon je râle pour la meat pie car ma dernière à Auckland était loin de sentir bon la carbonnade de maman comme dans le Jucy ;o)
    Et je rêve où vous avez fait une photo d'un Kiwi ?
    Ca avait qd meme l air bien sympa, cette métropole, un pti peu changement.
    bisousss

    J'aime

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