Siem Reap et Angkor plus…

Désolé pour le jeu de mots…c’était trop simple. Promis, c’est le seul.

Aaah…le Cambodge. Pays à l’histoire très riche. L’âge d’or de l’empire Khmer couronné par la fastueuse cité d’Angkor, qui rayonna sur toute la péninsule jusqu’au XIII° siècle. Les rois se succédèrent avec plus ou moins de réussite et, petit à petit, le déclin s’amorça. Meurtres et trahison à la cour, c’est le temps des tentatives d’invasions siamoises (Thaïs) et plus tard vietnamiennes. Pris en étau par les deux puissances, le pays est le théâtre de plusieurs guerres et se voit obliger de céder de nombreux territoires. L’heure de gloire d’Angkor parait bien loin et le pays finit par se retrouver sous condominium siamo-vietnamien.

Au XIX° siècle, la France prend le Vietnam, et le Cambodge voit d’un bon œil son arrivée. Le protectorat français est instauré et le pays ne tarde pas à récupérer ses “terres”, notamment Angkor. Les français s’installent et construisent routes, hôpitaux… Quelques traces subsistent encore (la baguette de pain, la langue parlée par certains anciens, quelques maisons coloniales…). L’indépendance arrive après la seconde guerre mondiale. Mais le Cambodge paiera cher sa “neutralité” dans le conflit entre le Vietnam et les Etats-Unis. On a eu l’occasion de voir, dès notre arrivée (dans un bus), une vidéo retraçant cette période. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’était pas élogieux pour les Etats-Unis (complots de la CIA pour déstabiliser le gouvernement, instabilité croissante et montée des Khmers rouges en riposte, bombardements US – la moitié des bombes utilisées dans la région…). Les conséquences de ce conflit seront dramatiques pour le Cambodge. Le chaos s’installe. Les Khmers rouges arrivent au pouvoir. C’est l’an 0.

Cette tranche de l’histoire cambodgienne est noire. C’est aujourd’hui encore un pays meurtri par cette période. On ne peut venir ici sans être sensibilisé par  les horreurs commises durant plusieurs années par les Khmers rouges. Véritable génocide, commis il y a seulement une trentaine d’années. Cette partie de l’histoire vaut vraiment le coup qu’on s’y attarde. Non seulement, pour saisir l’ampleur du crime (par exemple, lors de la prise de Phnom Penh: la ville a été complètement vidée – même le vieillards et les malades – et la population divisée en 3 groupes: les personnes ayant une formation – exécutées, les personnes “douteuses” ou les religieux – dans des villages de redressement, le reste de la population – dans les champs pour les récoltes de riz), mais aussi pour comprendre l’implication, voire les responsabilités de pays tiers (qui a dit “encore les States”?). Ce qui est sur c’est que le pays a gardé des cicatrices profondes: plus de 30% de la population à aujourd’hui entre 1 et 14 ans, le nombre impressionnant de mutilés (d’ailleurs de nombreuses mines sont encore enfouies), la présence du dollar comme monnaie (expliquée par la longue présence des casques bleus au Cambodge pour redresser le pays – 50% des dollars déversés dans le pays – 110 millions – durant cette période ont surtout profité aux prostituées!). Malgré les efforts consentis pour remettre le pays sur les rails, le Cambodge reste un pays pauvre (1800$ de revenu annuel moyen par habitant – contre 600$ au Laos), sous-industrialisé (le secteur de la confection est quasi le seul: 90%!) et dont les difficultés socio-économiques sont palpables (par exemple: une seule récolte de riz annuelle alors que 80% de la population vit encore de cette culture).

Et nous dans tout ça? L’étape sera courte (6 jours), mais intense et instructive. Nous laisserons de côté la capitale Phnom Penh et les plages de Sihanoukville, pour nous concentrer sur la cité impériale d’Angkor, à quelques kilomètres au nord du Tonlé Sap, plus grand lac d‘Asie (quadruplant de volume pendant la saison des pluies), et de la ville touristique de Siem Reap.

Notre première journée à Siem Reap nous a permis de prendre la température de la ville (…plus de 30° quotidiens). Et on doit dire que la ville est agréable, et ce, malgré ces contours très touristiques. Un vieux marché et un marché de nuit proposant beaucoup de belles petites choses à acheter: textile, artisanat, souvenirs, fausses montres et lunettes de marque… Nous n’avons pas hésité à y laisser quelques dollars. Lorsqu’on se rend dans ces marchés, il faut se préparer mentalement à entendre des “Ladyyy…buy something…one dollar…special price for you Lady…please Lady…buy something”. A la longue, c’est assez insupportable. Et c’est sans aucun doute, le pire endroit que nous avons connu à ce niveau. Et ça continue dans la rue avec les tuk-tuk. Bref, il faut balancer des “No, thanks” à longueur de journées. Nous avions également une autre technique: les devancer et prononcer nous-même les “Lady…buy something” et autres « Special price just for you ». Ainsi déstabilisés, ils nous faisaient un grand sourire et nous permettaient de regarder plus tranquillement.

A la fin de cette première promenade, le destin nous rattrapa à nouveau: au moment où Angie prononça les mots suivants: “Tiens, j’me demande comment s’est passé le voyage de Cristina vers Siem Reap. Ce serait cool de la revoir…”, voilà que Cristina, notre réveillonneuse portugaise, apparaît au bout de la rue! C’est fou! Et ce n’est pas la dernière fois que le hasard la mettra sur notre route. Rendez-vous était pris pour aller diner le lendemain avec elle.
Siem Reap est une ville à dimension humaine et où il fait bon vivre. C’est chouette d’y flâner. Mais, il nous fallait attaquer Angkor.

Angkor: Mode d’emploi

Il nous fallait d’abord choisir notre moyen de locomotion. Car on ne l’imagine pas, mais le site principal est situé à 8km de Siem Reap et puis: c’est immense. Il y a de très nombreux sites éparpillés dans toute la région. On retrouve même des temples du côté de Phnom Penh. Et oui, à son apogée, la cité accueillit près d’1 million de khmers.

En général, en arrivant à Siem Reap , il faut se choisir un chauffeur de tuk-tuk. Et il devient votre compagnon pendant plusieurs jours. Le nôtre, nous a été présenté par Cristina (c’était le sien), il s’appelait Vishet et était vraiment sympa, en plus d’être correct en terme de $. En outre, son frère avait un petit resto où nous n’avons pas manqué d’aller goûter les spécialités locales, notamment le délicieux Lok Lak: un bœuf mariné au citron, servi avec un œuf frit, des oignons et des frites ou du riz.

Petit conseil: on recommande de prendre le ticket de 3 jours (40$). Mais, surtout, de l’acheter la veille de votre premier jour, vers 16h. Ainsi vous pouvez déjà profitez du coucher de soleil à Angkor.

Autre conseil: si vous ne prenez pas de guide, procurez-vous un bouquin spécialisé (ça ne manque pas dans le coin).
Comme on vous le disait: c’est I-M-M-E-N-S-E. Mais très bien organisé. En résumé, il y a le petit circuit – le grand circuit – les temples éloignés – les temples très éloignés. En 3 jours, il est recommandé de laisser tomber les temples très éloignés (…trop éloignés) et de faire le reste, en choisissant quelques temples éloignés. C’est ce que nous avons fait. C’est juste bien, même si à la fin, on a frôlé l’overdose.

On vous épargnera le volet histoire: trop long. Mais, pour vous situer, quelques clés:
  • jusqu’à 3000 km², plus grande ville de l’ère pré-industrielle
  • 257 temples recensés dans la région
  • glorieuse capitale de l’empire Khmer, de sa fondation au IX° à son déclin au XIV° siècle.
  • Angkor signifie…capitale.
  • de nombreux rois se succédèrent dans l’édification de la capitale. Les plus grands bâtisseurs: Sûryavarman II et Jayavarman VII
  • Wat et Prasat signifient…temple.
  • la plupart des temples sont hindouistes, mais l’introduction définitive du bouddhisme dans l’empire modifia la donne, et il est curieux de voir ce mélange.

Premier jour:
À vélo. Le petit circuit (petit, pas vraiment! Et surtout, c’est le plus dense en terme de visites) de 15km. Plus de 30° (mais pas loin des 40° ressentis). Ce fut éprouvant…

Angkor Wat est certainement le plus célèbre des temples d’Angkor. Pas le plus beau pour nous (voir notre top 3 ci-dessous), mais tout de même impressionnant. 3h de visite pour voir principalement les bas-reliefs des galeries et s’attarder sur l’histoire du lieu et tous les détails intéressants. L’ensemble est très grand et était malheureusement en travaux (de nombreux travaux de restauration sont continuellement en cours).

Ensuite, Angkor Thom. Immense également. L’attraction principale est le Bayon. Magnifique temple-montagne (avec une tour centrale en forme de…montagne, symbolisant le mont Meru – mont symbolique de l’Hindouisme – habité par Shiva) avec ses tours aux 4 visages. Dans l’enceinte d’Angkor Thom, il y a également le Baphuon, le palais royal et son temple pyramide ”Phimeanakas”, les terrasses des éléphants et du Roi lépreux, ainsi qu’une série d’autres choses à voir.

L’avenue de la victoire, qui s’enfonce en pleine nature, nous mena vers la suite du petit circuit (en skipant certains sites) à Ta Phrom.

Véritable coup de cœur pour Ta Phrom. 60 ha d’enceinte pour cette ville dans la ville. Ce qui est incroyable, c’est que le temple a été livré à la nature, qui ne s’est pas faite prier pour en prendre possession. Cela donne un résultat époustouflant de racines ayant pris le pouvoir sur les pierres. C’est magique.

Crevés par cette journée à vélo (près de 40 km, plus les visites à pieds), on a été vraiment conquis par le site. Mais le petit circuit est vraiment celui qui prend le plus de temps, donc il faut prévoir d’être en pleine forme.

Deuxième jour:
Ce n’est pas vraiment dans l’ordre des choses, mais le deuxième jour a été consacré aux temples éloignés (à 32km de Siem Reap pour le plus éloigné). Tuk-tuk, donc. Mais, surtout, avec Cristina. En effet, on s’est un peu incrustés sur son planning. Et il faut dire que c’était une super journée. Grâce à elle, nous avons appris beaucoup sur l’hindouisme, Angkor, l’Inde (où elle a passé pas mal de temps) et beaucoup d’autres choses. Merci à elle de nous avoir accueillis!

Banteay Srei. Le plus éloigné, mais aussi le plus fin et raffiné des temples visités. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est appelé la citadelle des femmes, car seule une femme est capable d’un travail aussi délicat. Banteay Srei est vraiment superbe. Les détails des linteaux racontant des scènes de la mythologie, les statues, les différents pavillons… C’est petit, mais on peut y passer des heures (et pas juste à laisser passer le flot incroyable de touristes).

C’est également ici que Malraux (oui, André) commis un petit larcin. Oh…pas grand chose! Juste un superbe linteau. Malgré l’invocation du “res nullius”, il prit deux ans de prison dont un ferme. Grâce à une campagne de “soutien” en France, il s’en tira finalement avec le sursis.

Vishet nous emmena ensuite vers Banteay Samré. Temple-montagne dans lequel Angie s’est livrée à un rituel hindo-bouddhique (le préposé s’emmêlant un peu les pinceaux entre Bouddha et Shiva), pendant lequel, elle a reçu un bracelet rouge sensé lui porter chance ainsi qu’une lecture des lignes de la main, lui annonçant: beaucoup de chance! Géniiial

Ensuite, et pour clore la journée, nous avons profité d’un des trois sites du groupe de Roluos (Lolei, Preah Kô, Bakong) pour nous reposer et continuer nos bavardages avec Cristina! Un moment très sympa, au sommet de cette pyramide entourée par la nature.

Troisième et dernier jour:
Levés à 4h du mat’… Vishet nous attendait pour nous emmener voir le lever du soleil à Sras Srang, une sorte d’immense piscine olympique. C’était beau, mais le soleil a un peu joué à cache-cache, ce qui a rendu le phénomène moins exceptionnel. On a ensuite profité de notre réveil matinal pour conclure notre visite d’Angkor, avec le grand circuit.

Moins dense que le petit, il est vraiment indispensable de le faire en tuk-tuk car les distances entre les sites sont grandes. On  a successivement visité le Mébon oriental, Ta Som, Neak Pean et Preah Khan, avec une petite préférence pour ce dernier. On doit avouer que vers 12h, on avait déjà fini. La coupe était pleine…de temples.

Voici notre top 3 angkorien:
  1. Ta Phrom
  2. Bayon
  3. Banteay Srei

Retour sur Siem Reap pour les dernières emplettes au marché (quelques bricoles et des petits ananas, on en a mangé des tonnes pendant nos visites) et sur qui tombe-t-on à nouveau? Cristina! Décidément! On est faits pour se croiser. C’était l’occasion pour elle de nous faire part de ses changements de plans: pas de plage pour terminer ses 6 mois de voyage, mais plutôt une dizaine de jours de bénévolat dans un orphelinat de Siem Reap (pour en savoir plus sur l’orphelinat, c’est ICI). On ne peut qu’être admiratifs…

Une dernière soirée à Siem Reap, avec du Lok Lak au menu, avant de plier bagages pour…la Thaîlaaande!

Des photos et Angkor de photos!

Nels

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2 réflexions sur “Siem Reap et Angkor plus…

  1. Heu, oserais-je dire que je n'ai compris le jeux de mot, que grâce à Bernard?
    Hé bien je ne savais pas qu'il fallait plusieurs jours.. Et votre impression générale? Un « must » à absolument faire? Ca m a tjs paru impressionnant!
    Gros bisous à vous 3 !! ;o) Amusez vous bien!
    et merci pour le « truc »: la prochaine fois que je serai en Turquie, j'y penserai (= »Gazelle, Gazelle, pas cher » !)

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