Croisière dans la baie d’Ha Long

Jour 1

7.00. Le réveil sonne. On a rendez-vous avec Martina & Samuel pour le pti’dej’ sur la terrasse de l’hôtel. Avant de monter sur le bateau, nous faisons quelques provisions et louons des chaussons d’escalade.

10.00. Embarquement et découverte de la jonque composée d’un espace “vie” sur le pont à l’avant, de deux cabines à l’intérieur comportant chacune deux lits double ainsi que d’un WC et enfin d’un espace réservé à l’équipage à l’arrière du bateau (la cuisine et la barre). Nous faisons également connaissance avec les deux membres de l’équipage: Chian (ou Chien ou ??? On ne saura jamais!), le guide/cuisinier, et le commandant de bord.

11.00. Nous prenons le large et parcourons la baie de Lan Ha, petite sœur de la baie d’Ha Long, plus sauvage et moins connue.

12.00. Premier repas à bord. Au menu, salade froide de poulpes aux ananas (exotique et frais), poissons grillés, nems, légumes cuits et riz. On mange bien et à notre faim!

13.00. Nos amis grimpeurs planifient notre activité de l’après-midi! Pour l’heure, il n’est malheureusement pas possible de faire du Deep Water Soloing (escalade au-dessus de l’eau sans autre sécurité que l’eau), mais grâce à leur bouquin et aux connaissances de Chian, nous finirons par trouver un décor de rêve, sur Moody Island, pour faire de la grimpette classique.

13.30. Chian nous emmène en barque sur cette île paradisiaque. Arrivés à destination, Pierre Richard Nels entreprend de descendre en premier du bateau, il pose son pied dans l’eau, puis un deuxième, mais manque de tomber tellement c’est glissant. Il se retourne vers nous avec un bon regard vide et se rattrape à un gros rocher, avant de glisser à nouveau et d’aboutir sur ces fesses en nous éclaboussant! Et là, grosse panique à bord: est-il toujours vivant? Auquel cas, ne s’est-il pas cassé le coccyx? Ou déchiré le tendon d’Achille? Angie rit de nervosité (enfin, c’est ce qu’elle dira après pour se faire pardonner). Pas de gravité. Juste quelques égratignures que nous soignons immédiatement (attention au tétanos) avec l’eau salée de la mer.

14.00. Martina & Samuel installent leur matos et nous ouvrent la voie. Il s’agit d’une paroi de niveau 5a (ce qui n’est pas rien quand même) et de 20m de haut. Angie se lance la première. Elle s’est toujours vantée d’avoir eu un brevet d’escalade étant plus jeune. Elle a donc intérêt à assurer. La première épreuve qui consiste à mettre son baudrier et à s’encorder est réussie. Elle effectue le nœud en huit sans aucun souci… Quelle bonne mémoire! C’est donc parti pour la montée. Mise à part, le fait qu’elle a mis certainement le double, si pas le triple, de temps que nos experts, elle est arrivée au sommet, avant de redescendre en rappel avec l’aisance et l’élégance d’une vrai pro! C’est au tour de Nels. Pour lui, c’est une grande première et, qui plus est, il a la phobie des hauteurs… En d’autres termes: le vertige! Il veut tout de même tenter l’ascension. A mi-chemin, c’est incontrôlable, l’anxiété prend le dessus sur sa volonté de continuer… Il est donc contraint, malgré lui, de faire marche arrière. Un peu déçu. On le rassure comme on peut: “On sait bien Nels que ce n’est pas une question de force dans les bras!”
Plus tard dans l’après-midi, on effectuera une autre voie de même niveau et Nels dépassera ses limites en allant plus haut que la fois précédente. C’est comme ça qu’on surmonte ses phobies. Et, en parlant de ça, il n’était pas au bout de ses surprises.

17.00. Retour sur la jonque, fatigués par nos exploits sportifs! Nous naviguons vers le village flottant de pêcheurs où nous jetterons l’encre pour passer la nuit. En chemin, nous nous arrêtons pour faire notre shopping. On négocie ferme avec une marchande de la mer: une bouteille de vin rouge de Dalat, deux boites de Pringles et un paquet d’Oreo (biscuits au chocolat). Le tout pour le prix de départ de la bouteille de vin. C’est pas beau ça?

19.00. Excellent repas au clair de lune (c’est presque la pleine lune et sa lumière est si forte que nous n’avons pas besoin d’électricité).

21.00. Chian nous explique comment va se dérouler la nuit. Angie & Nels dormiront in back, nos amis suisses in front. Ok chef! Et vous? Dans la maison de notre ami pêcheur. Ouf… On est contents de savoir qu’on aura notre propre cabine. En effet, jusqu’à présent, nous ne savions pas exactement où allait dormir l’équipage.

21.30. Bonne nuit tout le monde.

3.00. Pschitt pschitt pschitt…
“Angie , t’entends??? Qu’est-ce que c’est? Quel drôle de bruit. Attends, j’allume la lumière.”
Rien.

3.10. Pschitt pschitt pschitt…
“Ah oui, là j’entends”.
Mais toujours rien.

3.20. Pschitt pschitt pschitt…
“Nels, j’ai pas une très bonne nouvelle.”
“Quoi?”
“Le bruit viendrait du sac de pain. Je crois que nous avons des visiteurs dans notre cabine”.
Aaaargh… sous l’oreiller.

3.30. Pschitt pschitt pschitt.
“J’ose plus bouger”.
“Moi non plus”.

Jour 2

6.30. Réveil matinal. Le Deep Water Soloing ne peut se pratiquer qu’à l’aube lorsque la marée est encore haute. L’eau est alors, en principe, assez profonde pour tomber/sauter. Nels & Angie sont soulagés d’être débarrassés de cette longue épreuve de la nuit et de pouvoir la raconter, avec preuve à l’appui, puisque le sac est effectivement déchiqueté et le pain rongé. Il faut dire que c’est la seconde (et dernière, on vous rassure) phobie de Nels. Le pauvre, il a encore une fois fait preuve de courage, en dépassant ses limites. A savoir, dormir dans la même pièce que la ou les souris.

7.00. Samuel & Nels partent en barque près d’un rocher qui se prête bien à la pratique de l’escalade sans corde. Les filles restent sur la jonque pour jouer les paparazzis et fusiller leurs hommes. Samuel grimpe et saute, seule échappatoire. Il a pas le choix. Oups. Ca réveille, mais apparemment, l’eau n’est pas si froide. Bien qu’il faille pas mal d’expérience en escalade, Nels voulait quand même tenté le coup. Après plusieurs tentatives, il devra se résoudre à abandonner. Les marées étant trop basses (comme par hasard pendant les trois jours où nous étions en croisière), le début de la paroi est trop haut par rapport au niveau de la mer et pour atteindre les premières prises, il faut avoir un niveau de pro. Dommage. Il effectuera tout de même un petit plongeon pour goûter à la température de l’eau.

8.30. Pti’dej’. La petite troupe reprend des forces pour être en forme pour la journée.

9.00. Notre bateau prend le large et vogue en direction de la célèbre baie d’Ha Long. Le paysage devient de plus en plus spectaculaire. A tel point que nous sommes tour à tour scotchés à nos appareils photos dans l’espoir d’immortaliser cette splendeur. Tout simplement: waouh. Aussi beau que notre petit favori Yangshuo (en Chine), mais cette fois sur l’océan! Nous rencontrerons très peu d’autres bateaux contrairement à ce qu’on avait pensé. Comme seuls au monde.

11.00. Le bateau accoste. C’est l’heure de découvrir une des fameuses grottes de la baie d’Ha Long. Nous sommes impressionnés par l’immensité des lieux et les jeux de lumière rendent la visite agréable. Retour à bord assez rapide.

12.30. Nous jetons l’encre dans un endroit idyllique et y déjeunons (toujours les mêmes ingrédients, mais d’autres compositions) sous le soleil.

13.30. Chian nous laisse à peine le temps de digérer. Il nous force déjà à prendre les kayaks. Il nous indique un chemin où nous passerons sous une succession de longs tunnels noirs pour aboutir dans plusieurs lagons. Heureusement, nous avons nos lampes frontales pour éviter les chauves-souris. Encore une fois époustouflés par la beauté des lieux et la nature sauvage, nous pagayons et profitons du spectacle avec beaucoup d’enthousiasme. Puisque le soleil est au rendez-vous, on aurait aimé trouver une plage et un endroit accessible pour se baigner, mais impossible. Que de la roche!

15.00. Hop hop hop, tous à l’eau! Nous plongeons du bateau et nous installons sur le pont pour sécher. Bières, bouquins… Moment de détente et de relaxation, dans la quiétude de la magnifique baie d’Ha Long.

16.30. Après une agréable croisière, courte escale dans un village flottant de pêcheurs où nous effectuerons la visite en parcourant les différentes passerelles entre les énormes filets de pêche, (euh… enfin, Angie restera à attendre le reste du groupe sur le ponton principal. Pas du tout le pied marin, elle a…une sorte de phobie de l’eau! Décidément!). Certains poissons sont énormes. C’est intéressant d’observer la vie de ses habitants de la mer. Les chiens de garde que nous rencontrons sur place ne connaîtront, parait-il, jamais la terre ferme.

17.30. Nous voyageons à nouveau avant de nous arrêter pour le reste de la journée. Encore un lieu magique. Sans mot pour l’exprimer. Nous profitons de la vue à 360° et regardons le soleil se coucher en attendant impatiemment le repas du soir. Avant la tombée de la nuit, Nels en profite pour faire un dernier plongeon.

19.00. A table! En accompagnement, Chian nous apporte un Rice Wine local. Aaargh, il est vachement fort celui-là. Nos provisions de bières sont épuisées, pas la peine d’en commander sur le bateau. Notre équipage a déjà tout bu, à notre place. Chian nous explique fièrement qu’il peut s’enchainer vingt bières sans aucun problème. Oui, d’accord, mais pas les nôtres quand même…

21.30. Etant donné que nous sommes en pleine mer, impossible pour Chian et le capitaine de faire dodo ailleurs que dans l’une des deux cabines. Nous sommes donc contraints de réorganiser le couchage et de dormir dans la même cabine que celle de Martina & Samuel. In front. Peut-être qu’au moins, les souris ne viendront pas nous déranger cette nuit.

Jour 3

6.00. Réveil et sortie du lit en sac de couchage pour admirer le lever du soleil sur le pont du bateau.

7.30.  Pti’dej’.

9.00. Déjà en route pour la baie Tu Long, au nord.

10.30. Au programme: kayak. C’est ce qu’on peut appeler une croisière sportive! Légèrement fainéants, dur dur de se lancer, mais nous finissons malgré tout par enfiler nos maillots pour partir à la découverte des nombreuses merveilles de la région. Et comme depuis le début, dame Nature nous a réservé de belles surprises. Nous sommes donc très vite réconciliés avec le kayak et oublions notre flemme passagère.

12.00. La baie Tu Long est parsemée de petites plages isolées. Nous nous arrêtons à quelques mètres de plusieurs d’entre elles pour le déjeuner. Nous pourrons ensuite y accéder, soit en kayak (encoooore), soit à la nage.

13.00. Pendant que Martina & Angie lisent et programment la suite de leur voyage, les garçons font une sieste. Le soleil n’est pas vraiment au rendez-vous cette après-midi et il fait plutôt frisquet. Du coup, nous n’avons pas des masses envie de bouger de la jonque. Chian propose donc de nous emmener un peu plus tard sur Monkey Island ou, autrement dit, l’île aux singes située dans le Parc National de Cat Ba.

14.30. Arrivés sur Monkey Island, nous ne bougerons pas de la plage, par crainte de se faire agresser par la masse de primates en liberté, réputés très agressifs. Quelques prises de vue de loin suffiront. Pour le reste, nous mettons notre escale à profit pour jouer les pieds dans le sable et faire une photo souvenir à quatre (avec l’aide d’un américain quinquagénaire qui a certainement du faire ça toute sa vie… Hum!).

16.00. Notre croisière touche à sa fin. Nous nous dirigeons vers Cat Ba Town, retour à notre point de départ. Il est temps de plier bagages et de dire au revoir à ces extraordinaires paysages qui resterons gravés dans nos esprits. Quant à la croisière, c’est une expérience inoubliable. Si c’était à refaire, on foncerait les yeux fermés, car c’est juste: M-A-G-I-Q-U-E!

La preuve en photos, plus bas!

Merci à Martina & Samuel d’avoir partagé ces moments en notre compagnie.

Angie

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5 commentaires sur “Croisière dans la baie d’Ha Long

  1. salut les aventuriers, tout d'abord je veux vous souhaité un joyeux noêl a vous2 et continué a nous faire voyagé car les films et les images son magnifiques.

    allez je vous laisse continué votre superbe voyage.
    A+ olivier bizzzzz

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  2. ahah, la pierrichardise, je te reconnais bien là frérot! pour ce qui est du vertige, je rigole pas trop, pour moi c'est pareil. j'attribue cette phobie à une espèce de « mémoire génétique »: la tête (souvent de la même taille que le corps) de nos ancêtres se trouvant rarement à une distance du sol supérieure à 1m50…1m70 max mais avec des talonnettes/santiags 😉

    bizzz les aventuriers!

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  3. …ahhhhhhhh…c'est pour ça que chez les chinois et les japonais cette phobie est encore plus relevante!..iiii…
    je lis et relis vos récits…je passe et repasse les photos…c'est comme si j'y suis…moi, qui a un pt peu voyagé, je peux imaginer vos sensations…continuez à me faire voyager avec vous…
    Gros bisouuuuuuus

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  4. Hello les loulous,

    Encore une fois un très beau récit…

    Nous vous souhaitons d'ores et déjà une très bonne année remplie de découvertes et d'aventures…

    Bisous à vous,

    Domi, Alexandre, Elisa & Freddy

    ps : Le surnom de « Nels le tricheur » a déjà dépassé les frontières…. Une explication ??? Nous sommes curieux !!!!

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  5. @ Les ittrois: Nels le tricheur? Tout ça parce qu'on est plus malin…on est tout de suite catalogué! Mais où va-t-on? Calomnie, diffamation!!! :)))

    On faisait du kayak, suivis par « notre guide » en bateau. Tout le monde était fatigué, et on était pressés…j'ai juste eu l'idée de me tenir au radeau motorisé…plus rapide et moins fatiguant! Puis la jalousie a fait son chemin :)))

    Bizzz
    Nels

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